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Répression croissante des défenseur·es des droits humains au Sahel

Publié le 20 février 202525 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

une menace grandissante pour les libertés au Sahel

Dans la région du Sahel, les défenseur·es des droits humains subissent une répression accrue de la part des gouvernements, tandis que l’espace civique se réduit comme une peau de chagrin et que les libertés publiques sont de plus en plus menacées. Cette situation alarmante fait l’objet d’un rapport détaillé, publié par l’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains — une collaboration entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Le document, rendu public le 20 février 2025, met en lumière une convergence des pratiques répressives observées au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad. Basé sur l’analyse de 61 cas concrets de violations des libertés fondamentales, ce rapport révèle des stratégies communes mises en œuvre par les régimes de ces quatre pays pour étouffer toute voix dissidente.

des méthodes de répression systématiques et variées

Les autorités de ces nations ont recours à des techniques de répression sophistiquées pour museler les défenseur·es des droits humains. Parmi les méthodes les plus répandues figurent :

  • les arrestations et détentions arbitraires, souvent sans fondement juridique ;
  • le harcèlement judiciaire constant, avec des procédures judiciaires abusives ;
  • les enlèvements, séquestrations et disparitions forcées ;
  • les actes de torture et autres traitements inhumains ;
  • les menaces et intimidations, y compris en ligne, visant à dissuader toute contestation.

Ces pratiques, de plus en plus systématiques, s’accompagnent d’une restriction drastique des libertés fondamentales : interdiction des manifestations, répression violente des rassemblements publics, dissolution d’associations, et contrôle — voire suspension — des médias indépendants. Ces mesures, en totale contradiction avec les engagements internationaux de ces pays, sapent les fondements mêmes de la démocratie et de l’état de droit.

un appel urgent à la fin de la spirale répressive

Dans ce contexte, les auteur·es du rapport lancent un appel solennel aux autorités du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad. Ils exigent la fin immédiate de ces violations et la restauration de l’état de droit, condition indispensable à l’épanouissement d’une société civile dynamique et à l’expression démocratique.

Drissa Traore, Secrétaire général de la FIDH, déclare sans détour : « La documentation minutieuse de 61 cas d’attaques contre les défenseur·es des droits humains et contre l’espace civique au Sahel ces cinq dernières années révèle une réalité accablante : les gouvernements du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad s’enfoncent dans une logique de répression sans fin. Pourtant, cette spirale doit cesser. Ces pays doivent impérativement rétablir l’état de droit et la démocratie, auxquels les peuples du Sahel aspirent légitimement. C’est un combat essentiel, et nous devons tous·tes leur apporter notre soutien sans réserve. »

De son côté, Gerald Staberock, Secrétaire général de l’OMCT, insiste sur l’urgence d’agir : « Il est plus que temps que les autorités burkinabè, maliennes, nigériennes et tchadiennes respectent leurs obligations internationales et mettent fin à la répression de la société civile. Nous exhortons également la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, l’ONU et les partenaires internationaux de ces quatre pays à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme aux violations des droits et libertés fondamentales. »

des recommandations pour protéger les défenseur·es des droits humains

Le rapport formule des recommandations concrètes à destination des États concernés et des institutions régionales et internationales. Parmi les mesures prioritaires figurent :

  • la cessation immédiate des arrestations arbitraires et des détentions illégales ;
  • la protection effective des défenseur·es contre les violences et les intimidations ;
  • la levée des restrictions imposées aux associations et aux médias ;
  • la garantie du droit à la manifestation et à la liberté d’expression ;
  • la coopération avec les mécanismes internationaux de protection des droits humains.

Pour consulter l’intégralité du rapport, rendez-vous sur les sites de la FIDH (version française et anglaise) ou de l’OMCT (version française et anglaise).

Manifestation au Sahel
© AFP

des organisations locales en première ligne

Plusieurs associations locales jouent un rôle clé dans la défense des droits humains au Sahel. Parmi elles :

  • Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) — Burkina Faso
  • Association Nigérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (ANDDH) — Niger
  • Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH) — Tchad
  • Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) — Tchad

Ces organisations, souvent en première ligne face à la répression, appellent à une mobilisation internationale pour protéger les défenseur·es des droits humains et préserver l’espace civique dans la région.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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