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Déclin de la justice au Sahel et retrait de la CEDEAO

Publié le 5 février 202525 septembre 2026 ParZara Hassane

Pourquoi le retrait de la CEDEAO aggrave l’impunité au Sahel

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Le Burkina Faso, le Mali et le Niger partagent un point commun alarmant : leur gouvernance est désormais assurée par des juntes militaires. Ces régimes non élus multiplient les violations des droits humains, avec des exactions répétées contre les populations civiles. Les libertés fondamentales, comme la liberté d’expression ou le droit à un procès équitable, subissent des restrictions croissantes.

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Un autre point commun ? Leur décision récente de quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce retrait, bien plus qu’une simple formalité administrative, s’inscrit dans une logique d’évitement des responsabilités.

Une Cour régionale sous pression

La CEDEAO abrite une institution clé : la Cour de justice de la Communauté. Depuis 2005, cette juridiction permet aux citoyens des États membres de déposer des plaintes directement pour des violations de leurs droits, sans obligation de passer par les tribunaux nationaux souvent défaillants. La Cour a déjà rendu des arrêts historiques, notamment contre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, concernant des cas de violations graves.

Pour les juntes militaires au pouvoir, cette Cour représente une menace majeure. En se retirant de la CEDEAO, elles privent les victimes d’une voie de recours essentielle. Les abus perpétrés par les forces de sécurité, les milices ou les groupes armés échappent ainsi à tout contrôle judiciaire externe.

L’impunité renforcée, la justice sacrifiée

Avant même leur retrait, les systèmes judiciaires locaux de ces trois pays étaient déjà paralysés par l’influence politique. Les enquêtes sur les crimes de guerre ou les crimes contre l’humanité sont rares, et les rares poursuites engagées le sont souvent contre des opposants plutôt que contre les véritables responsables. Les victimes se retrouvent donc sans recours, ni au niveau national, ni au niveau régional.

Un militant malien en exil en France, interrogé par une organisation de défense des droits humains, a dénoncé cette situation :

« Depuis leur prise de pouvoir par les armes, ces régimes militaires ont systématiquement ignoré la nécessité de rendre justice pour les violations massives des droits humains […]. Leur retrait de la CEDEAO n’est que la confirmation de leur rejet total de l’État de droit et des droits fondamentaux. »

Dans la nouvelle alliance formée par ces trois États, la justice n’est clairement pas une priorité. Les populations sahéliennes, déjà victimes des conflits et de l’insécurité, voient leurs droits s’éroder un peu plus chaque jour.

Le retrait de la CEDEAO par le Burkina Faso, le Mali et le Niger marque donc un tournant dangereux. Il signe l’abandon de toute velléité de protection des droits humains et ouvre la porte à une impunité totale pour les auteurs de crimes graves.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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