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Afrique : les minerais stratégiques au cœur de la souveraineté minérale du continent

Publié le 28 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Avec plus du tiers des réserves mondiales de minerais critiques, l’Afrique se positionne comme un acteur incontournable dans la transition énergétique mondiale et l’économie numérique. Lors d’un forum dédié aux enjeux géopolitiques et économiques des ressources minérales stratégiques, experts, décideurs et acteurs de la société civile ont analysé les défis d’un continent tiraillé entre opportunités et vulnérabilités. Cette rencontre a révélé comment les équilibres économiques et sécuritaires du continent se réorganisent face à l’afflux de capitaux étrangers et aux ambitions locales.

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Géopolitique des minerais : quand le sous-sol africain devient un atout stratégique

La demande mondiale en minerais comme le cobalt, le lithium ou les terres rares connaît une croissance exponentielle, portée par l’essor des véhicules électriques et des technologies vertes. L’Afrique, qui détient près de 30 % des réserves mondiales de ces ressources, attire l’attention des grandes puissances. Des partenariats ambitieux se multiplient entre les États africains et les investisseurs internationaux, transformant radicalement les rapports de force économiques sur le continent.

Cette dynamique crée des opportunités inédites pour les pays producteurs, mais expose aussi leurs économies à des risques majeurs. La République démocratique du Congo, riche en cobalt, la Guinée, dotée de réserves majeures de bauxite, ou encore le Zimbabwe et le Mozambique, illustrent des trajectoires variées où l’exploitation minière peut soit dynamiser le développement, soit aggraver les tensions sociales et politiques.

Gouvernance et sécurité : les défis d’une exploitation responsable

La question de la gouvernance des ressources naturelles a dominé les échanges. Malgré leur richesse minière, la plupart des pays africains peinent à capter la valeur ajoutée de ces ressources, notamment en raison de l’absence d’infrastructures locales de transformation. Les chaînes de valeur restent largement contrôlées par les acteurs asiatiques, limitant les retombées économiques pour les populations locales.

Cependant, des initiatives prometteuses émergent pour inverser cette tendance. L’alliance entre la République démocratique du Congo et la Zambie pour créer une filière régionale de batteries électriques en est un exemple marquant. Par ailleurs, l’exploitation minière dans des zones instables, comme l’est de la RDC ou certaines régions du Sahel, alimente des économies parallèles et des conflits. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la traçabilité des minerais et de promouvoir une coordination panafricaine renforcée pour sécuriser ces ressources.

Vers une industrialisation minière : la quête d’une souveraineté économique

L’idée d’une « seconde indépendance » émerge comme un leitmotiv parmi les acteurs du secteur minier. Elle symbolise la volonté de rompre avec un modèle économique hérité de la colonisation, où l’Afrique exporte des matières premières pour importer des produits finis à haute valeur ajoutée. Pour y parvenir, les États africains misent sur des investissements massifs dans les infrastructures, la formation des compétences locales et la mise en place de cadres réglementaires incitatifs.

Plusieurs pays prennent les devants. La Guinée impose désormais la construction d’une raffinerie d’alumine sur son territoire dans le cadre du projet Simandou. Le Zimbabwe a interdit l’exportation de lithium brut dès 2022, tandis que la Namibie et le Botswana imposent des quotas de transformation locale. Ces mesures, bien que parfois contestées par les investisseurs étrangers, marquent une rupture avec les politiques minières libérales des décennies précédentes.

Les institutions financières africaines jouent également un rôle clé dans cette transition. La Banque africaine de développement et Afreximbank développent des outils de financement dédiés, tandis que les fonds souverains du Golfe s’intéressent de près aux actifs miniers du continent. La bataille pour la maîtrise des minerais stratégiques se joue désormais autant dans les mines qu’à l’échelle des marchés financiers internationaux.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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