Diplomatie internationale : tensions, expulsions et décisions majeures à l’ONU et ailleurs

Une sortie remarquée lors d’une réunion onusienne : les États-Unis critiquent vivement la France

Une scène exceptionnelle s’est jouée lundi au Conseil de sécurité des Nations unies : la délégation américaine a quitté la salle en signe de protestation après les propos de l’ambassadeur français. Ce dernier avait dénoncé un vote “hypocrite” des États-Unis concernant le renouvellement du mandat du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. Washington avait en effet rejoint dix autres pays pour s’opposer à cette reconduction, une décision qui a suscité de vives réactions. La mission française à Genève a réagi avec fermeté sur X, déclarant : “Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de défense des droits humains. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie, isolés, et le monde ne les écoute plus.”

Selon un responsable proche du dossier, les diplomates américains ont été surpris par la “frontal” de la critique française, une attaque publique rarement observée en séance onusienne.

Roumanie : expulsion d’un diplomate russe après des incursions de drones

Bucarest a décidé d’expulser un membre de l’ambassade russe, considéré comme “indésirable”. Cette mesure fait suite à la présentation à l’ambassadeur russe, Vladimir Lipaev, de fragments d’un drone de type Shahed, utilisé par Moscou contre l’Ukraine et intercepté par un chasseur F-16 roumain. Le ministère roumain des Affaires étrangères a justifié cette décision par les “incursions répétées” de drones sur son territoire. Trois drones ont été abattus en trois jours, et une nouvelle incursion a été signalée lundi.

Moscou a rejeté ces accusations, qualifiant l’incident de “mise en scène propagandiste”, et a prévenu que l’expulsion “ne resterait pas sans réponse”.

Arabie saoudite : attaque de drones depuis l’Irak, tensions avec les houthistes yéménites

Le ministère saoudien de la Défense a affirmé que des “milices terroristes soutenues par l’Iran” avaient lancé une attaque de drones visant son territoire, sans qu’aucune revendication n’ait été formulée. Parallèlement, les rebelles houthistes pro-iraniens du Yémen ont annoncé avoir ciblé des infrastructures pétrolières saoudiennes, une affirmation non confirmée par Riyad. Cette escalade survient après la reprise des hostilités entre les houthistes et l’Arabie saoudite le 13 juillet, mettant fin à une trêve de quatre ans.

Analystes et observateurs s’inquiètent d’une possible “reprise en force” du conflit au Yémen. Les houthistes ont également menacé de bloquer le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden pour les navires à destination ou en provenance d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole. Leur objectif ? “Soutenir l’Iran et contraindre l’Arabie saoudite à faire des concessions politiques au Yémen”, selon des sources spécialisées.

Tchad : retrait de la Cour pénale internationale, sous influence américaine ?

N’Djamena a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale, invoquant un “biais” de la CPI envers les pays africains. Neuf des treize enquêtes ouvertes depuis la création de la Cour concernent des États africains, contre seulement quatre dans d’autres régions. Cette décision semble avoir été encouragée par Washington, qui multiplie les pressions diplomatiques contre la CPI, accusée de “menacer” les intérêts américains et de promettre de nouvelles sanctions à ses partenaires s’ils maintiennent leur adhésion.

La semaine dernière, Frank Garcia, sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines, avait exhorté le Tchad à reconsidérer sa position lors d’un échange avec le ministre tchadien des Affaires étrangères.