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Ousmane Sonko explique les raisons profondes de sa rupture avec Bassirou Diomaye Faye

Publié le 26 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Ousmane Sonko explique les raisons profondes de sa rupture avec Bassirou Diomaye Faye

Ousmane Sonko lors d'un discours politique

À peine installé à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a livré une analyse sans concession sur les causes de sa séparation politique avec le président Bassirou Diomaye Faye. Son discours, où se mêlent philosophie et histoire, met en lumière un conflit de valeurs bien plus qu’un simple désaccord institutionnel.

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Une rupture fondée sur des principes, non sur des ambitions

Quelques jours seulement après son élection à la présidence de l’Assemblée nationale et son départ de la Primature, Ousmane Sonko a choisi de s’exprimer sur les tensions qui l’ont opposé au chef de l’État. Pour lui, la question ne se limite pas à une rivalité entre deux hommes, mais touche à l’essence même du pouvoir et de son exercice. Dans une intervention remarquée, il a rappelé que la politique ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen au service du bien commun.

S’appuyant sur les enseignements d’Aristote, il a rappelé que la politique est l’art suprême lorsqu’elle œuvre pour l’intérêt général. Pour Sonko, aucun équilibre institutionnel ne peut durer si ceux qui le dirigent perdent de vue la vertu et l’éthique. Cette vision, qu’il présente comme une ligne rouge, explique en grande partie la divergence qui l’a opposé à Bassirou Diomaye Faye.

Une référence historique pour éclairer les enjeux actuels

L’ancien Premier ministre a également puisé dans l’histoire politique sénégalaise pour illustrer son propos. Il a cité Mamadou Dia, figure emblématique des premières années d’indépendance, qui avait déjà alerté sur les dangers de confondre l’État et les intérêts personnels des gouvernants. Selon Sonko, la souveraineté d’un pays ne se réduit pas à ses institutions ou à ses symboles : elle doit aussi se mesurer à l’aune de son éthique et de sa capacité à servir le peuple.

Sonko a souligné que certains États africains, malgré des apparences solides, peuvent se retrouver prisonniers de pratiques qui vident la République de son sens. Une mise en garde qui résonne particulièrement dans le contexte politique actuel, où les questions de gouvernance et de transparence occupent une place centrale.

La morale comme rempart contre la crise des institutions

Dans une réflexion plus large sur les crises politiques contemporaines, Ousmane Sonko a développé une thèse audacieuse : une nation ne s’effondre pas seulement sous le poids de la pauvreté matérielle, mais aussi sous celui d’une fatigue morale. Lorsque les institutions deviennent des outils au service d’intérêts particuliers plutôt que de l’intérêt général, c’est toute la légitimité de la République qui est menacée.

Sans nommer directement son ancien partenaire politique, il a implicitement pointé du doigt les dérives possibles lorsque le pouvoir se détourne de ses fondements éthiques. Pour lui, cette rupture s’inscrit dans une vision exigeante de la gouvernance, où la fin ne justifie pas les moyens, et où le respect des principes démocratiques doit primer sur toute autre considération.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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