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Le syndicat étudiant burkinabè évalue la stratégie sécuritaire du MPSR II : une critique cinglante

Publié le 26 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Près de quatre ans après l’avènement au pouvoir du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR II), le contexte sécuritaire au Burkina Faso demeure une source d’inquiétude majeure. L’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB) a récemment formulé une déclaration officielle, dressant un bilan sans concession de la période de transition sous la houlette du capitaine Ibrahim Traoré. Entre la persistance des attaques, une crise humanitaire des plus aiguës, une vie chère généralisée et des promesses non tenues, cette organisation estudiantine livre un réquisitoire sévère, soulignant les lacunes de la stratégie actuelle déployée par les autorités de Ouagadougou.

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Des « trois mois » espérés à la dure réalité du terrain

L’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022 avait suscité un immense élan d’espoir parmi une population burkinabè éprouvée. Le jeune officier avait alors laissé entrevoir une résolution rapide de la crise sécuritaire, évoquant un délai de trois mois pour inverser la tendance. Cependant, près de quarante-huit mois plus tard, l’évaluation de l’UGEB est formelle : les attentes n’ont pas été comblées.

Le syndicat étudiant rappelle aux dirigeants leurs engagements initiaux, confrontés à l’âpre réalité du front. Loin de cesser, les assauts des groupes armés terroristes connaissent au contraire une véritable « recrudescence », comme le souligne l’UGEB, marquée par une nette augmentation de leur envergure et de leur intensité. L’illusion d’une victoire expresse s’est évanouie, laissant place à un conflit qui s’enracine, générant une lassitude au sein d’une opinion publique qui aspirait à des résultats concrets et immédiats.

La communication militaire à l’épreuve des faits

Pour le mouvement étudiant, un contraste frappant se dessine entre le discours officiel et le quotidien des citoyens à l’intérieur du pays. Ces derniers mois, les médias d’État ont amplement couvert la réception de nouveaux équipements militaires : drones de surveillance, aéronefs de combat, véhicules blindés et armements lourds. Une couverture médiatique que l’UGEB qualifie de « pompeuse ».

L’organisation insiste sur le fait que l’acquisition de ce matériel n’a pas suffi à contenir l’hydre djihadiste. Les communiqués triomphalistes annonçant des pertes ennemies peinent à masquer l’insécurité qui entrave toujours de vastes étendues du territoire national. Pour le syndicat, la surmédiatisation de l’arsenal militaire ne saurait se substituer à une efficacité stratégique globale sur le terrain, où les populations locales continuent de vivre sous la menace constante des incursions armées.

Une crise humanitaire et économique sans précédent

L’incapacité à restaurer la sécurité engendre des conséquences dramatiques sur le tissu social et économique du Burkina Faso. Le déplacement des populations reste l’une des plaies les plus visibles de ce conflit. Des millions de Burkinabè ont été contraints de fuir leurs villages pour se réfugier dans des centres urbains jugés plus sûrs, abandonnant derrière eux leurs terres, leurs récoltes et leurs moyens de subsistance.

Ce drame humanitaire s’accompagne d’une inflation galopante. La vie chère impacte durement les ménages, mais aussi le monde estudiantin représenté par l’UGEB. L’accès aux produits de première nécessité est devenu un défi quotidien. L’enclavement de certaines régions, soumises au blocus des groupes armés, asphyxie l’économie locale et pousse à la hausse les prix des denrées de base. Le pouvoir d’achat s’effondre, amplifiant la vulnérabilité d’une population déjà éprouvée par les traumatismes de la guerre.

L’efficacité des nouveaux partenariats militaires remise en question

Sous la transition du MPSR II, le Burkina Faso a opéré un tournant géopolitique majeur. Ouagadougou a rompu ses anciens accords de défense, notamment avec la France, pour se tourner vers de nouveaux alliés, la Russie en tête, ainsi que ses partenaires au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

L’UGEB pose un regard critique sur cette restructuration des alliances. Malgré l’arrivée d’instructeurs et de partenaires étrangers pour soutenir les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), le retour de la paix se fait attendre. L’organisation estime que ces nouveaux choix stratégiques n’ont pas apporté l’efficacité promise. La souveraineté revendiquée dans les discours peine à se traduire par un contrôle effectif et durable de l’intégrité territoriale, une situation qui alimente les réflexions sur l’actuelle Sahel politique.

La prise de position de l’Union générale des étudiants burkinabè résonne comme un signal d’alarme dans un paysage politique particulièrement contraint. En soulignant l’écart entre les promesses d’une libération rapide et la persistance des violences, l’UGEB met en lumière l’urgence d’une évaluation honnête des orientations stratégiques du MPSR II. Face à la détresse des déplacés internes et au fléau de la vie chère, la seule communication de guerre ne suffit plus. Pour le Burkina Faso, le défi reste colossal : transformer les annonces de victoires en une sécurité réelle et quotidienne pour l’ensemble de ses citoyens. Cette analyse contribue à l’actualité Sahel francophone et à une meilleure compréhension de la situation.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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