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Mali : l’urgence des violences sexuelles dans les zones de crise et camps

Publié le 1 juillet 202525 septembre 2026 ParZara Hassane

Face à une insécurité persistante et des déplacements forcés continus dans les régions centrales et septentrionales du Mali, les femmes sont confrontées à une augmentation alarmante des risques de violences basées sur le genre. C’est le constat préoccupant qu’a récemment partagé une agence des Nations Unies, soulignant l’aggravation de cette crise humanitaire.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une enquête menée en mai par l’agence des Nations Unies chargée des questions de santé sexuelle et reproductive (UNFPA) a mis en lumière une recrudescence des cas de violences sexuelles au sein des sites d’accueil pour personnes déplacées internes et dans les zones affectées par les conflits. Le rapport détaille des situations d’exploitation sexuelle, de harcèlement et de mariages forcés, exacerbant la vulnérabilité des populations.

Cette fragilité s’inscrit dans un cadre humanitaire déjà critique au Sahel central, où les femmes sont particulièrement exposées non seulement aux violences, mais aussi à un accès insuffisant aux services essentiels de santé sexuelle et reproductive (SSR).

Le mois de mai 2025 a été marqué par une intensification notable de la violence armée, notamment dans les régions de Tombouctou, Gao, Mopti et Ménaka. Cette vague d’attaques de groupes armés a entraîné de nouveaux déplacements massifs de populations.

L’accès aux soins de santé est extrêmement restreint

Le nombre de personnes déplacées internes a bondi de près de 15 %, atteignant presque 380 000 individus, contre 330 000 en mai 2024. L’UNFPA a souligné que « les femmes et les filles sont au cœur de ces vulnérabilités et sont affectées de manière disproportionnée par cette insécurité et la crise humanitaire ».

Parmi les 6,4 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire, plus de la moitié sont des femmes et des filles. Nombre d’entre elles résident dans des zones où l’accès aux services de protection et de santé est dramatiquement limité, selon l’agence.

Actuellement, moins d’un quart des établissements de santé situés dans les régions touchées par la crise offrent des soins de santé sexuelle et reproductive complets ou un soutien aux survivantes de la violence sexiste. À l’échelle nationale, près de la moitié des services spécialisés dans ce domaine demeurent inopérants. Les régions les plus impactées sont Gao (76 %), Ménaka (77 %), Mopti (56 %) et Tombouctou (80 %).

Malgré ces défis, les équipes de l’UNFPA intensifient leur action humanitaire sur le terrain. Elles apportent leur soutien à 86 établissements de santé, six espaces sécurisés dédiés aux femmes et aux filles, ainsi que sept centres à guichet unique dans les régions les plus touchées du centre et du nord du pays (Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou, Ménaka).

Un déficit de financement « colossal »

Au cours du seul mois de mai, les équipes sanitaires mobiles ont fourni des services de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre la violence basée sur le genre à près de 3 000 personnes dans les camps de déplacés, dont 80 % étaient des femmes et des jeunes filles.

Des sages-femmes ont assuré des soins prénatals, postnatals et d’accouchement, tandis que des kits de dignité et des fournitures de santé reproductive ont été distribués dans les zones touchées par les inondations et les conflits.

À travers tout le Mali, environ 900 000 femmes et filles sont ciblées pour bénéficier de services de santé reproductive ou de programmes de prévention et de réponse à la violence sexuelle.

Cependant, la réponse humanitaire reste gravement sous-financée. Sur un appel de fonds de 16,5 millions de dollars américains pour l’année en cours, l’UNFPA n’a reçu que 2,9 millions, faisant face à un « déficit colossal de 13,5 millions de dollars » indispensable pour venir en aide à des milliers de femmes et de filles en détresse.

Sans un financement supplémentaire urgent, l’ampleur et la pérennité des programmes de lutte contre les violences sexuelles et des services de santé reproductive sont sérieusement compromises au Mali.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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