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Cadhp : appel à l’action pour les droits humains au Burkina Faso

Publié le 22 octobre 202425 septembre 2026 ParZara Hassane

une mission urgente pour la commission africaine des droits de l’homme et des peuples

Face à l’escalade des violations des droits humains au Burkina Faso, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) doit impérativement recentrer son examen du pays sur les enjeux les plus critiques. Cet examen, prévu pour le 23 octobre 2024, représente une opportunité majeure pour dialoguer avec le gouvernement burkinabè et exiger des actions concrètes. Les priorités ? Protéger les populations civiles prises dans les conflits armés, préserver l’espace civique pour les défenseurs des droits, les journalistes et l’opposition, et sanctionner les auteurs de graves exactions.

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des manquements criants dans le rapport officiel du Burkina Faso

Dans le cadre de la procédure d’examen des rapports des États, un dispositif clé de l’Union africaine, le Burkina Faso a soumis un rapport en mai 2023 couvrant la période 2015-2021. Cependant, ce document omet ou minimise des problématiques majeures actuelles en matière de droits humains. Parmi elles :

  • Les exactions commises par les forces de sécurité et les groupes armés islamistes dans le contexte du conflit armé
  • Les restrictions accrues des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association
  • L’impunité généralisée ayant cours dans le pays

des recommandations prioritaires pour la cadhp

« L’examen du Burkina Faso par la CADHP doit être l’occasion de mettre en lumière les manquements persistants du gouvernement burkinabè en matière de droits humains », souligne Allan Ngari, directeur du plaidoyer pour l’Afrique à Human Rights Watch. La CADHP a le devoir de demander aux autorités de garantir la protection des civils lors des opérations militaires et de respecter scrupuleusement le droit international humanitaire. »

un conflit aux conséquences dramatiques pour les civils

Depuis 2016, le Burkina Faso subit une insurrection jihadiste menée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Ces groupes, originaires du Mali, ont infiltré le pays, provoquant une crise humanitaire sans précédent. Le pays a également connu deux coups d’État militaires depuis 2022, aggravant l’instabilité politique.

les forces de sécurité accusées de crimes contre l’humanité

Bien que le rapport du Burkina Faso évoque des mesures contre le terrorisme, comme la création d’un pôle judiciaire spécialisé, les forces de sécurité burkinabè sont régulièrement pointées du doigt pour des violences disproportionnées. Human Rights Watch a documenté :

  • Des exécutions sommaires de civils accusés de collaborer avec les groupes armés
  • Des disparitions forcées de centaines de personnes
  • Des crimes contre l’humanité, notamment des massacres ciblant des villages entiers

Ces exactions, perpétrées depuis 2016, se poursuivent malgré les engagements officiels en matière de formation aux droits humains et de responsabilisation des auteurs.

les groupes armés islamistes : une menace tout aussi meurtrière

Les groupes armés islamistes ne sont pas en reste. Ils multiplient les violences contre les civils :

  • Exécutions sommaires, violences sexuelles, enlèvements et pillages
  • Siège de villes et villages entravant l’accès à l’aide humanitaire

l’impunité : un cercle vicieux au Burkina Faso

Selon le droit international, le Burkina Faso porte la responsabilité principale de rendre justice pour les crimes les plus graves. Pourtant, les progrès en matière d’enquêtes et de poursuites judiciaires restent quasi inexistants. Le rapport officiel de 2023 ne mentionne aucune investigation concernant les abus présumés des forces de sécurité, laissant les victimes sans recours.

la répression de l’opposition et la restriction de l’espace civique

Depuis le coup d’État de 2022, la junte au pouvoir a intensifié la répression contre les activistes, les membres de l’opposition, les journalistes et les dissidents. Les méthodes employées incluent :

  • La conscription forcée comme outil de punition contre les opposants
  • Les enlèvements et disparitions forcées de personnalités critiques envers le régime

En décembre 2023, la CADHP a exprimé sa préoccupation face à l’enlèvement de Daouda Diallo, un défenseur des droits humains, et aux intimidations visant les militants. En juillet 2024, elle a dénoncé la disparition forcée de trois journalistes, sans obtenir de réponse des autorités.

vers une visite officielle de la cadhp au Burkina Faso ?

La CADHP n’a pas effectué de mission officielle au Burkina Faso depuis plusieurs années. Une visite in situ serait essentielle pour évaluer la réalité des droits humains sur le terrain et publier un rapport exhaustif. Cette démarche permettrait d’appuyer les revendications locales et d’exercer une pression accrue sur les autorités.

appel à une action concrète et immédiate

« La CADHP doit aborder sans détour les violations des droits humains commises par les forces de sécurité et les groupes armés islamistes, tout en exigeant des comptes. Elle doit aussi proposer des solutions tangibles pour protéger les défenseurs des droits, les journalistes et les opposants, afin qu’ils puissent œuvrer en toute sécurité », conclut Allan Ngari.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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