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Au Mali, l’offensive des groupes armés bouleverse la capitale et menace les civils

Publié le 9 juin 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

au Mali, l’offensive des groupes armés bouleverse la capitale et menace les civils

La situation sécuritaire au Mali s’aggrave rapidement, avec des offensives qui s’étendent du nord jusqu’aux portes de Bamako. Les civils paient le prix fort, tandis que les autorités maliennes tentent de répondre à la menace sans parvenir à rétablir un contrôle total sur le territoire.

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Un collaborateur municipal anonyme consulte un dossier dans une mairie française, en lumière naturelle.

le nord et Bamako sous pression : une guerre aux multiples visages

Le conflit malien, né d’une crise politique et sociale en 2012, s’est transformé en une guerre complexe où s’affrontent groupes djihadistes, rebelles touaregs et forces gouvernementales. La reprise de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023 avait marqué un tournant, mais elle n’a pas mis fin aux tensions. Au contraire, elle a ouvert une nouvelle phase de violences et de représailles.

Les groupes armés, qu’ils soient djihadistes ou indépendantistes, exploitent les faiblesses de l’État malien. Leurs offensives, de plus en plus audacieuses, visent désormais des cibles stratégiques, y compris dans la capitale, où des attaques ont été revendiquées près de l’école de gendarmerie de Faladié et de l’aéroport militaire.

mesures d’urgence et conséquences pour la population

Face à cette escalade, les autorités maliennes ont instauré des restrictions drastiques. Depuis début juin 2026, la vente et l’utilisation de motos de grosse cylindrée sont interdites hors des grandes villes. Des zones militaires ont également été créées, interdisant l’accès aux civils. Ces mesures visent à limiter la mobilité des groupes armés, souvent mobiles et difficiles à traquer.

Cependant, ces décisions ont des répercussions immédiates sur la vie quotidienne. Les déplacements deviennent plus dangereux, l’économie locale est paralysée, et l’accès à l’aide humanitaire se réduit. Les Nations unies ont alerté en mai 2026 sur l’aggravation de la situation, avec des civils tués, déplacés ou privés de nourriture après les attaques coordonnées.

le jeu des alliances et des accusations : une crise qui dépasse les frontières

Les tensions ne se limitent pas au Mali. En 2024, la junte malienne a accusé l’Ukraine de soutenir des rebelles touaregs, une affirmation démentie par Kiev. Ces accusations ont servi à renforcer le discours souverainiste de Bamako, mais elles occultent la réalité des alliances locales.La junte s’est tournée vers la Russie pour combler le vide laissé par le départ des forces françaises en 2022. Cette stratégie a permis de renforcer sa rhétorique anti-occidentale, mais elle n’a pas enrayé la progression des groupes armés. Les djihadistes, les rebelles touaregs et les forces gouvernementales continuent de s’affronter, chacun avec ses propres objectifs.

qui sort gagnant de cette guerre sans fin ?

Pour la junte malienne, le principal gain est politique. En présentant la crise comme une guerre contre des ennemis extérieurs, elle renforce son discours nationaliste et justifie les mesures sécuritaires. Cependant, cette approche ne résout pas les problèmes de fond, comme l’insécurité quotidienne ou les fractures locales.

Les rebelles touaregs, eux, tirent profit du vide laissé par le départ des forces internationales. Leur capacité à reprendre du terrain dans le nord est réelle, mais leur alliance tactique avec des groupes djihadistes reste fragile et inquiète les populations.

Quant aux djihadistes, leur stratégie est claire : épuiser l’État malien en étendant l’insécurité sur les routes et en montrant l’incapacité de Bamako à protéger ses citoyens. Leur influence s’étend désormais au-delà de leurs bastions initiaux.

que réserve l’avenir au Mali ?

La prochaine étape ne dépendra pas uniquement des affrontements militaires. Les relations entre Bamako, Kiev, Moscou et les autres capitales ouest-africaines seront déterminantes. La junte devra prouver qu’elle peut contenir les offensives du GSIM et des rebelles touaregs. Si elle échoue, le Mali pourrait basculer dans une nouvelle phase d’instabilité, voire d’escalade.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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