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Cameroun : pourquoi le conseil supérieur de la magistrature doit être convoqué sans délai

Publié le 9 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane
Politique

Cameroun : pourquoi le conseil supérieur de la magistrature doit être convoqué sans délai

Dans son éditorial diffusé ce lundi 8 juin 2026 sur les ondes de Radio Tiémeni Siantou, le journaliste Éric Boniface Tchouakeu analyse l’urgence de réunir cette instance clé.

Écoutez cet articleEnviron 3 min
Armand Djaleu
|Il y a 5h|3 min de lecture
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L’éditorial politique de ce lundi 8 juin 2026, diffusé sur les ondes de la Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang), met en lumière une situation judiciaire camerounaise préoccupante. Le journaliste Éric Boniface Tchouakeu souligne l’urgence de convoquer le Conseil supérieur de la magistrature, instance constitutionnelle chargée de veiller au bon fonctionnement de la justice.

Des nominations récentes qui soulèvent des questions

Le 2 juin 2026, le Président de la République a signé un décret renouvelant les membres de cette institution. Parmi les quatorze membres, dix ont été reconduits pour un nouveau mandat de cinq ans, alors que leurs précédents mandats avaient déjà expiré depuis une année. Pourtant, depuis août 2020, le Conseil supérieur de la magistrature n’a plus siégé, soit près de six ans sans activité.

Cette paralysie institutionnelle a des répercussions majeures sur l’État de droit et la confiance des citoyens dans le système judiciaire, comme l’a souligné l’avocat et défenseur des droits humains, Me Félix Nkongo Agbor Balla, dans une tribune publiée en janvier 2026.

Un système judiciaire en crise

Selon Me Agbor Balla, l’absence prolongée de cette instance a engendré plusieurs dysfonctionnements critiques :

  • Les magistrats fraîchement diplômés de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) n’ont pas été intégrés au corps judiciaire, les empêchant ainsi de prêter serment ou d’exercer leurs fonctions. Résultat, des tribunaux surchargés, des dossiers en retard et des justiciables en détention prolongée.
  • La pénurie de magistrats aggrave les retards dans l’administration de la justice, avec des conséquences directes sur les libertés individuelles et l’accès rapide à une protection juridique.
  • Des nominations contestables ont été effectuées sans consultation préalable du Conseil, notamment dans certaines juridictions administratives, où des juges ont été désignés malgré l’absence d’avis institutionnel.
  • Les procédures disciplinaires sont bloquées, les promotions suspendues et les fautes professionnelles ne sont plus examinées, favorisant un climat de corruption et de découragement parmi les magistrats intègres.

Face à ce constat alarmant, l’avocat insiste sur la nécessité absolue de respecter la législation camerounaise, qui impose la tenue de cette instance au moins deux fois par an. La convocation immédiate du Conseil supérieur de la magistrature s’impose comme une priorité absolue pour rétablir la confiance dans les institutions judiciaires et garantir l’indépendance de la justice.

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Par Zara Hassane — Grand reporter

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