Yaoundé : la métamorphose urbaine d’un village en capitale politique

Yaoundé, autrefois un simple regroupement de communautés, s’est transformée en une métropole dynamique, une évolution remarquée par ses habitants. Mbarga Obama, un nonagénaire natif de la capitale politique du Cameroun, observe avec satisfaction cette expansion. « Yaoundé n’est plus la ville que nous avons connue il y a vingt ans, une évolution marquée par le développement d’infrastructures modernes depuis le centre-ville. Mais aujourd’hui, la ville qui m’a vu naître s’étend au-delà des sept collines qui lui sont attribuées. J’aime vraiment ce développement », confie-t-il, témoin privilégié de cette mutation.

Il se remémore une époque où « le centre urbain se limitait au plateau Atemengué avec une légère évolution vers les quartiers comme Mokolo et Nlong-Kak. Le reste était semi-rural ». Un contraste saisissant avec l’étendue actuelle de la ville.

Depuis, la capitale a connu une croissance démographique fulgurante, attirant chaque année des milliers de nouveaux résidents. Cette affluence a entraîné une expansion significative, intégrant progressivement des localités environnantes au tissu urbain de Yaoundé.

Cette réelle extension soulève des questions fondamentales pour les urbanistes, dont Blaise Feugang, délégué départemental du ministère de l’Habitat et du Développement Urbain pour le Nyong et So’o. Il préconise une approche différente : « Dans une ville comme Yaoundé, il faut adopter la construction en verticalité plutôt qu’en horizontalité, comme cela est souvent le cas. La construction en étages est plus économique, ne serait-ce que pour les équipements à installer sur un site. En outre, des immeubles esthétiques embellissent les villes. »

Pour une majorité d’experts consultés, afin que la capitale politique soit plus attrayante et réponde aux standards internationaux, le Cameroun devrait envisager soit une délocalisation, soit un soutien accru aux familles pour l’amélioration de leurs habitats.