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Situation alarmante des droits humains au Mali en 2025

Publié le 19 août 202125 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

situation des droits humains au Mali en 2025 : une crise persistante

En 2025, le Mali fait face à une dégradation marquée des droits humains, marquée par des restrictions accrues des libertés fondamentales et des violences ciblant les civils. Les autorités maliennes, ainsi que les groupes armés actifs sur le territoire, sont responsables d’exactions graves, incluant des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et des homicides illégaux. Ces violations s’inscrivent dans un contexte de conflit prolongé et d’instabilité politique, aggravant la crise humanitaire dans le pays.

Écoutez cet articleEnviron 7 min

contexte politique et sécuritaire

La situation au Mali en 2025 reste sous l’emprise d’un contexte politique et sécuritaire complexe. Après l’échec des précédents processus de paix, souvent boycottés par les partis politiques et la société civile, les autorités ont adopté en février une Charte nationale pour la paix et la réconciliation. Cependant, cette initiative n’a pas suffi à rétablir la stabilité, notamment en raison de la prolongation de la transition politique de cinq ans, décidée en avril après le coup d’État militaire de 2020.

Sur le plan sécuritaire, la présence de groupes armés, dont l’État islamique au Sahel (EIS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), continue de menacer la sécurité des populations. En juin, le groupe Wagner a été remplacé par l’Africa Corps, une organisation placée sous le contrôle du ministère russe de la Défense, dans le cadre d’un partenariat sécuritaire avec Bamako. En août, les autorités ont annoncé avoir déjoué un coup d’État militaire, entraînant l’arrestation de plusieurs officiers et d’un diplomate français.

Par ailleurs, le Mali a annoncé en septembre son intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), une décision qui soulève des questions sur l’impunité des responsables d’exactions.

répression des libertés fondamentales

Les libertés d’expression, d’association et de réunion sont sévèrement restreintes au Mali en 2025. Les autorités ont dissous tous les partis politiques, une mesure qui a suscité des manifestations réprimées dans la capitale, Bamako. Ces événements illustrent une répression systématique des droits fondamentaux, avec des arrestations arbitraires et des violences policières à l’encontre des opposants et des militants.

disparitions forcées et arrestations arbitraires

Plusieurs personnalités politiques et membres de la société civile ont été victimes de disparitions forcées ou d’arrestations arbitraires. Parmi les cas les plus marquants :

  • Alou Badra Sacko, coordonnateur de l’Appel du 20 février et président du mouvement Touche pas à mon argent, a été enlevé le 14 mars à Bamako par des hommes armés encagoulés. Il a été libéré le 24 mai après avoir été détenu dans un lieu secret.
  • El Bachir Thiam, dirigeant du parti Yelema, a été enlevé le 8 mai à son domicile. Il a été libéré le 26 septembre après une mobilisation internationale, notamment de l’ONU.
  • Alhassane Abba, secrétaire général du parti Convergence pour le développement du Mali, a été enlevé le même jour que El Bachir Thiam. Il a été libéré le 5 juin sans avoir été jugé.
  • Moussa Mara, ancien Premier ministre, a été arrêté en août après avoir critiqué la gestion des détenus politiques sur X. Condamné en octobre à un an de prison pour « atteinte au crédit de l’État », il incarne la répression des voix dissidentes.

Des militants comme Clément Dembele, accusé à tort de menaces contre le président, restent détenus malgré une décision de justice ordonnant sa libération. L’ONU a réclamé à plusieurs reprises la libération des prisonniers politiques, dont Moulaye Baba Haïdara, Mahamoud Mohamed Mangane et Amadou Togola, détenus depuis 2023 et torturés en captivité.

violences perpétrées par les groupes armés

Les groupes armés, notamment l’EIS et le GSIM, continuent de semer la terreur au Mali. Leurs exactions incluent :

  • En février, 34 civils ont été tués lors d’une attaque de l’EIS contre un convoi près de Gao.
  • En mai, Sidi Barka, un dirigeant de la société civile, a été enlevé à Ménaka par l’EIS et retrouvé mort en août.
  • En mai également, Ousmane Kampo, maire de Konna, a été enlevé par le GSIM avant d’être libéré en octobre.
  • En août, des membres de la katiba du Macina ont attaqué Farabougou, causant des morts parmi les civils et déclenchant un exode massif.
  • En novembre, Mariam Cissé, une influenceuse locale, a été enlevée et exécutée publiquement à Tonka.

violations du droit international humanitaire

Les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés, dont les mercenaires de l’Africa Corps, sont accusés de graves violations du droit international humanitaire. Parmi les faits documentés :

  • En mars, une frappe de drone des FAMa a tué 10 civils à Ejdeïr lors d’un marché.
  • En avril, une centaine d’hommes, majoritairement issus de la communauté peule, ont été arrêtés lors d’un raid au village de Sebabougou. Une soixantaine d’entre eux ont été torturés et exécutés sommairement au camp de Kwala.
  • En mai, 23 à 27 hommes ont été exécutés par des militaires et des miliciens dozos à Diafarabé. Leurs corps ont été enterrés dans des fosses communes.

Malgré les promesses d’enquête, aucune information supplémentaire n’a été rendue publique.

impact sur les droits économiques et sociaux

Le GSIM a imposé des blocus autour de plusieurs villes, dont Gossi, Léré et Diafarabé, privant les populations d’accès aux denrées alimentaires et à la liberté de circulation. En juillet, le groupe a étendu ses restrictions aux routes du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, ciblant les camions-citernes transportant du carburant.

droit à l’éducation en péril

La crise de l’éducation s’aggrave au Mali. En juin 2025, 2 036 écoles étaient fermées en raison de l’insécurité, contre 1 984 en 2024. Cette situation prive 618 000 enfants de leur droit à l’instruction, avec des conséquences dramatiques, notamment dans la région de Kidal où 63 % des enfants sont déscolarisés.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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