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Ousmane Sonko en passe de diriger le parlement sénégalais

Publié le 26 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

À la Cité Keur Gorgui, à Dakar, l’effervescence est palpable devant la résidence d’Ousmane Sonko. Un militant du parti Pastef-Les Patriotes scande son nom à tue-tête : « Sonkoooo ! » pour manifester son soutien indéfectible envers le leader charismatique. Cette mobilisation reflète l’attachement des partisans à la figure politique qui incarne désormais une nouvelle ère pour le Sénégal.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Nourdine Diallo, un militant convaincu, avoue son désarroi après la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. « Nous avons porté ce slogan pendant la campagne : « Diomaye est Sonko – Sonko est Diomaye ». Ce n’était pas un simple mot d’ordre, mais une réalité que nous avons vécue et partagée avec les Sénégalais. Nous leur avons promis que ces deux hommes, liés par des liens fraternels et politiques, incarneraient une nouvelle dynamique pour le pays. »

Un conflit institutionnel aux conséquences majeures

La tension entre les deux figures du pouvoir s’est cristallisée après qu’Ousmane Sonko ait critiqué publiquement certaines décisions du président Bassirou Diomaye Faye lors de son passage à l’Assemblée nationale, dans le cadre des questions au gouvernement. Ce geste a scellé une rupture irréversible et ouvert la voie à un affrontement institutionnel sans précédent.

Ce mardi 26 mai 2026, les députés sénégalais se réunissent pour une session parlementaire décisive. Deux points majeurs y seront abordés : la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, après qu’il ait suspendu son mandat pour occuper le poste de Premier ministre, et l’élection d’un nouveau président pour remplacer El Hadj Malick Ndiaye, qui a démissionné dimanche 24 mai 2026, quelques heures seulement après le limogeage de son allié politique.

Un scénario politique à haut risque

Si Ousmane Sonko venait à être élu président de l’Assemblée nationale, il deviendrait la deuxième personnalité de l’État, un scénario qui pourrait radicalement transformer l’équilibre des pouvoirs au Sénégal. Pour le politologue Malao Kanté, cette situation ouvre la porte à une confrontation directe entre les deux anciens alliés. « Ousmane Sonko incarne désormais le visage de l’opposition, mais cette opposition détient aujourd’hui la majorité parlementaire. Ce qui n’est pas sans danger. »

Selon lui, le risque de motion de censure contre le prochain Premier ministre est réel. « Cette crise pourrait plonger le pays dans une impasse politique, bloquant le fonctionnement normal de l’État et compromettant les réformes en cours. »

L’opposition crie à l’illégalité et dénonce un coup de force

Adama Fall, responsable politique du Pastef-Les Patriotes, appelle à une prise de conscience nationale. « En tant qu’Africains, nous avons souvent vu l’histoire se répéter, comme entre Blaise Compaoré et Thomas Sankara, ou encore entre Mamadou Dia et Senghor. Mais aujourd’hui, nous ne sommes plus la même génération. Nous sommes une génération consciente, et cette histoire ne se répétera pas de la même manière. Elle évoluera dans le bon sens. »

La crise a provoqué une vague de départs au sein du parti. Plusieurs cadres et responsables administratifs proches d’Ousmane Sonko ont quitté leurs fonctions par solidarité. Par ailleurs, la démission d’El Hadj Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a été contestée par le groupe parlementaire de l’opposition Takuu Walu. Lors d’une conférence de presse tenue lundi 25 mai 2026, Aïssata Tall Sall et ses collègues ont qualifié cette démission de « nulle », arguant qu’elle viole le règlement intérieur de l’institution.

Aïssata Tall Sall a vivement conseillé au président Bassirou Diomaye Faye de saisir le Conseil constitutionnel pour contester la réintégration d’Ousmane Sonko. Elle met en garde : « Si rien n’est fait, c’est le fauteuil présidentiel qui sera menacé. »

En réponse à cette crise, Bassirou Diomaye Faye a nommé dans la nuit un nouveau Premier ministre en la personne d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, ancien banquier de la BCEAO et ministre d’État auprès de la Présidence. Ce dernier a appelé à une mobilisation nationale, soulignant que le Sénégal traverse un tournant historique.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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