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L’ONU sonne l’alarme : Gaza, Haïti, Soudan, Soudan du Sud et Mali face à une crise alimentaire sans précédent

Publié le 16 juin 202525 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a lancé une alerte majeure concernant la détérioration de la situation alimentaire dans plusieurs régions critiques. Gaza, Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud et le Mali sont désormais classés parmi les zones où l’insécurité alimentaire atteint son paroxysme, exigeant une intervention internationale immédiate face à des risques croissants pour des millions de vies.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Un rapport conjoint de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM) met en lumière la gravité de la situation. Sans une action humanitaire massive et rapide, les habitants de ces cinq foyers de crise sont menacés par une faim dévastatrice, la famine et un taux de mortalité élevé dans les prochains mois.

Cindy McCain, Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, a qualifié ce document d’« alerte rouge », soulignant que les zones d’aggravation de la faim et les populations menacées sont clairement identifiées.

Ces crises humanitaires sont malheureusement aggravées par des obstacles croissants à l’acheminement de l’aide et par un manque crucial de financements.

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Focus sur Gaza et le Soudan : des situations alarmantes

Au Soudan, la famine, déjà établie en 2024, risque de persister. Le conflit persistant et les déplacements massifs de populations, notamment dans les régions du Grand Kordofan et du Grand Darfour, sont les principaux facteurs. On estime que près de 24,6 millions de personnes vivront des niveaux d’insécurité alimentaire aiguë, dont 637 000 en situation catastrophique, et ce, jusqu’en mai 2025.

Dans l’enclave de Gaza, le spectre de la famine devient de plus en plus concret. Les opérations militaires d’envergure y entravent gravement la distribution de l’aide humanitaire essentielle, qu’elle soit alimentaire ou non. La totalité des 2,1 millions d’habitants de Gaza est anticipée à des niveaux critiques, voire pires, d’insécurité alimentaire aiguë, avec 470 000 personnes en phase catastrophique d’ici septembre 2025.

Haïti : une situation alimentaire catastrophique

Au Soudan du Sud, les prévisions sont sombres, avec un risque avéré de famine dans deux régions. Entre avril et juillet 2025, environ 7,7 millions de personnes, soit 57 % de la population, sont susceptibles de connaître une insécurité alimentaire aiguë sévère, incluant 63 000 individus en situation catastrophique.

Haïti est confrontée à une violence de gangs sans précédent et à une insécurité généralisée, forçant les populations à fuir et rendant l’accès à l’aide quasi impossible. D’ici juin 2025, plus de 8 400 déplacés internes dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince sont déjà en proie à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë.

Le Mali face à des défis alimentaires majeurs

Au Mali, la situation est également préoccupante. La hausse des prix des céréales, combinée aux conflits persistants, affaiblit considérablement la résilience des foyers les plus fragiles, particulièrement dans les régions affectées par les hostilités. Si l’assistance humanitaire n’est pas acheminée à temps, environ 2 600 personnes pourraient faire face à une insécurité alimentaire catastrophique entre juin et août 2025.

Au-delà de ces cinq zones prioritaires, d’autres régions comme le Yémen, la République démocratique du Congo, le Myanmar et le Nigéria sont également sous haute surveillance en raison de leur insécurité alimentaire critique, nécessitant une mobilisation immédiate pour protéger les populations et leurs moyens de subsistance. Le Burkina Faso, le Tchad, la Somalie et la Syrie figurent aussi sur cette liste de vigilance.

Qu Dongyu, Directeur général de la FAO, insiste : « Ce rapport est sans équivoque : la faim n’est plus une menace distante, mais une réalité quotidienne pour des millions d’individus. Il est impératif d’agir collectivement et sans délai pour sauver des vies et sauvegarder les moyens de subsistance. »

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Progrès et défis : quand des régions sortent de la liste des foyers de faim

Malgré ce tableau sombre, certains progrès sont à noter. L’Éthiopie, le Kenya, le Liban, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Niger, la Zambie et le Zimbabwe ont été retirés de la liste des zones les plus critiques. Cette amélioration est attribuée aux meilleures conditions climatiques favorisant les récoltes et à une diminution des événements météorologiques extrêmes en Afrique de l’Est, en Afrique australe et au Niger. Pour le Liban, la réduction de l’intensité des conflits a permis un allègement de la pression sur la sécurité alimentaire.

Paradoxalement, cette aggravation de l’insécurité alimentaire mondiale coïncide avec d’importants déficits de financement. Ces manques contraignent les organisations humanitaires à réduire les rations et à limiter l’ampleur des interventions vitales en matière de nutrition et de soutien agricole.

« Nous avons les moyens et l’expertise pour agir, mais sans fonds et sans accès, nous sommes impuissants à sauver des vies », a martelé Madame McCain. Elle a souligné l’urgence d’un investissement massif et continu dans l’aide alimentaire et les programmes de redressement, car « la fenêtre d’opportunité pour prévenir une nouvelle famine dévastatrice se referme à grande vitesse ».

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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