Tchad : le gouvernement se retire de la CPI, accusant une justice à géométrie variable
Le Gouvernement du Tchad a annoncé son retrait du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) en raison d’un bilan jugé insatisfaisant de la juridiction internationale. Selon le gouvernement, la CPI a une « sélectivité indéniable » qui cible principalement le continent africain.
Le Tchad avait informé l’Organisation des Nations Unies de son décision, conformément aux dispositions de l’article 127 du Statut de Rome. Le gouvernement justifie cette décision en référence à la statistique selon laquelle sur les 125 États parties au Statut de Rome, seuls 33 sont africains.
Le communiqué du gouvernement tchadien souligne que 9 des situations en enquête concernent des pays africains, tandis que seulement 4 concernsent d’autres régions sans grande avancée concrète. Il dénonce également une « instrumentalisation politique de la CPI ».
Pour les autorités tchadiennes, ces chiffres expliquent leur perception d’une concentration durable de l’activité judiciaire de la Cour sur le Sud global en général et le continent africain en particulier.
Le gouvernement tchadien appelle l’Union africaine et ses États membres à renforcer les mécanismes judiciaires africains afin de favoriser « l’émergence d’une justice continentale plus équitable, plus équilibrée, plus crédible et plus efficace ». Il réaffirme son attachement à la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves.
Le Tchad se retirera de la CPI à partir du prochain mois. Le gouvernement tchadien a décidé d’interrompre ses activités en raison de son jugement sur le fonctionnement de la Cour pénale internationale.