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Le Mali renforce la répression contre les organisations de la société civile

Publié le 15 mars 202425 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Une nouvelle dissolution d’association : l’AEEM visée par les autorités maliennes

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Récemment, le ministre malien de l’Administration territoriale a annoncé la dissolution de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM), une décision qui s’inscrit dans une vague de restrictions visant à limiter la liberté d’association. Selon les autorités, cette organisation serait impliquée dans des violences et affrontements au sein des établissements scolaires et universitaires. Par ailleurs, des membres de l’AEEM auraient été arrêtés en 2017 et 2018 avec en leur possession des armes, des stupéfiants ainsi que des fonds importants non justifiés.

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Quatre dissolutions en quelques mois : une stratégie gouvernementale inquiétante

L’AEEM n’est pas la seule organisation touchée par cette répression. En effet, depuis le début de l’année 2024, les autorités ont dissous plusieurs structures critiques envers le régime en place :

  • 6 mars 2024 : La Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko a été interdite. Cette structure appelait à un retour à un régime démocratique civil par le biais d’élections présidentielles. Les autorités l’ont accusée de déstabilisation et de représenter une menace pour la sécurité publique.
  • 28 février 2024 : L’organisation politique Kaoural Renouveau a été suspendue pour propos diffamatoires et subversifs à l’encontre de la junte militaire.
  • 20 décembre 2023 : L’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance, qui évaluait la transparence des scrutins, a également été dissous. Son président a été accusé d’avoir tenu des déclarations troublant l’ordre public.

Un espace civique de plus en plus restreint depuis le coup d’État de 2021

Depuis le coup d’État militaire de 2021, les autorités maliennes ont intensifié leur pression sur les voix dissidentes. La junte cible désormais non seulement la société civile, mais aussi l’opposition politique, les médias et les lanceurs d’alerte. Un cas marquant : le colonel Alpha Yaya Sangaré, officier de gendarmerie, a été arrêté et a disparu de force après la publication d’un livre dénonçant les exactions commises par l’armée malienne.

Face à cette situation, la Commission nationale des droits de l’homme du Mali a publié un communiqué alertant sur les menaces sérieuses pesant sur les droits civiques et politiques, notamment la liberté d’association. Elle dénonce une tendance systémique à la dissolution ou à la suspension d’organisations, qu’elles soient politiques ou associatives. De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a également exprimé ses craintes quant à la restriction de l’espace civique au Mali.

Un appel à la restauration des libertés fondamentales

Alors que le Mali approche de la troisième année sous un gouvernement non élu, la nécessité d’un espace politique et civique libre et sécurisé n’a jamais été aussi pressante. Les citoyens doivent pouvoir s’exprimer, s’organiser et manifester sans crainte. Il est urgent que les autorités maliennes révisent leur politique de répression et rétablissent les organisations dissoutes, tout en garantissant le respect des droits et libertés fondamentaux.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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