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Ibrahim Traoré rejette la démocratie au Burkina Faso et prône un nouveau modèle

Publié le 3 avril 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabè depuis trois ans, a clairement marqué sa position lors d’une interview télévisée : le Burkina Faso doit abandonner le système démocratique, qu’il qualifie de « tueur » pour le peuple. Ses déclarations, prononcées sur les ondes de la télévision nationale, ont suscité de vives réactions.

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Portrait d'Ibrahim Traoré en tenue militaire beige et béret rouge

Une déclaration choc sur la démocratie

« Les Burkinabè doivent oublier la démocratie. Ce système ne nous convient pas », a martelé Ibrahim Traoré. Le dirigeant militaire, âgé de 38 ans, s’est montré catégorique : selon lui, la démocratie n’est pas adaptée au contexte africain, et encore moins à celui du Burkina Faso. Il a même évoqué l’exemple de la Libye, présentant cette nation comme un cas d’école des dangers de l’ingérence occidentale.

Un virage autoritaire et une stratégie alternative

Traoré, qui s’affiche comme un leader révolutionnaire luttant contre l’impérialisme, a justifié cette rupture par la nécessité de construire un système adapté aux réalités locales. Il a dissous tous les partis politiques en janvier 2026, les jugeant sources de division et de corruption. « Un vrai homme politique en Afrique, c’est un menteur, un flagorneur, un beau parleur », a-t-il lancé, critiquant sévèrement l’élite politique traditionnelle.

Un projet fondé sur la souveraineté et le travail

Le chef de la junte a détaillé sa vision d’un nouveau modèle basé sur trois piliers : la souveraineté nationale, le patriotisme et la mobilisation révolutionnaire. Il mise sur l’implication des chefs traditionnels et des structures locales pour impulser ce changement. Traoré a également insisté sur l’autonomie économique et militaire, affirmant que les journées de travail de six à huit heures ne suffiraient pas à faire décoller le pays.

Un soutien continental malgré la répression

Malgré les restrictions imposées à l’opposition, aux médias et à la société civile, Ibrahim Traoré conserve un fort soutien en Afrique, notamment pour son discours panafricaniste et son rejet de l’influence française. Son gouvernement a été accusé de museler les voix dissidentes, certaines critiques étant envoyées en première ligne contre les groupes armés islamistes.

Cette approche radicale s’inscrit dans une dynamique régionale : le Burkina Faso, comme le Mali et le Niger, a rompu ses partenariats militaires avec l’Occident pour se tourner vers la Russie. Pourtant, la violence djihadiste persiste, avec plus de 1 800 civils tués au Burkina Faso depuis le coup d’État de 2023, selon les données de Human Rights Watch. Les deux tiers de ces victimes seraient imputables à l’armée et aux milices pro-gouvernementales.

Un modèle en construction

Traoré n’a pas détaillé les contours de son « approche alternative », se contentant d’affirmer : « Nous ne copions personne. Nous voulons tout changer. » Cette déclaration marque un tournant dans la gouvernance du Burkina Faso, où la junte semble privilégier une logique de rupture plutôt que de continuité.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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