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Crise des juntes militaires au Burkina, Mali et Niger : répression et impasse sécuritaire

Publié le 21 juin 202425 septembre 2026 ParZara Hassane

Les régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger, regroupés sous l’Alliance des États du Sahel (AES), font face à une crise profonde de légitimité. Face à l’aggravation des défis sécuritaires et économiques, ces juntes recourent systématiquement à la répression pour masquer leurs échecs et se maintenir au pouvoir. Une situation qui alarme les défenseurs des droits humains et les observateurs internationaux.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

une répression systématique pour étouffer les critiques

Depuis leur prise de pouvoir par les armes, les militaires au pouvoir dans ces trois pays ont instauré un climat de répression généralisée. Enlèvements arbitraires, détentions sans procès, restrictions des libertés fondamentales et fermetures de médias : telles sont les méthodes employées pour museler toute opposition. Les défenseurs des droits humains subissent une pression accrue, notamment les avocats et les journalistes qui dénoncent les abus du pouvoir.

Selon Alioune Tine, président de l’Afrikajom Center, ces régimes sont dans une impasse totale. « Les juntes militaires au Burkina Faso, au Mali et au Niger avaient promis de rétablir la sécurité et de rendre rapidement le pouvoir aux civils. Pourtant, la situation ne cesse de se dégrader, tant sur le plan sécuritaire que socio-économique », explique-t-il.

l’échec sécuritaire et ses conséquences

Les régimes de l’AES justifiaient leur coup d’État par la dégradation de la situation sécuritaire. Pourtant, depuis leur arrivée au pouvoir, les attaques se multiplient, causant des bilans humains toujours plus lourds. Récemment, l’attaque de Mansila au Burkina Faso a fait près d’une centaine de morts, illustrant l’incapacité des nouvelles autorités à protéger les populations.

Les rumeurs de mutineries dans les rangs militaires et les tentatives de coup d’État se multiplient, notamment à Ouagadougou. Face à cette instabilité, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte burkinabè, a tenté de rassurer la population en niant toute crise interne. Pourtant, les signes de tension persistent, avec des obus tombant sur des infrastructures publiques et des communications coupées dans certaines zones.

une légitimité de plus en plus contestée

Les juntes militaires ont échoué à tenir leurs promesses. Non seulement elles ne prévoient pas d’organiser des élections dans l’immédiat, mais elles s’enfoncent dans une logique répressive pour se maintenir. Alioune Tine souligne que « la situation des droits humains se dégrade, avec des massacres ciblant notamment les communautés peules ». Une réalité qui inquiète les organisations internationales comme Amnesty International et la Coalition sénégalaise des défenseurs des droits humains.

Ces dernières préparent un rassemblement pour protester contre la répression de la liberté de la presse et d’expression, ainsi que pour exiger la libération de défenseurs des droits humains incarcérés, comme l’avocat Guy Hervé Ham.

l’impasse des juntes militaires en afrique de l’ouest

Le Mali et le Burkina Faso illustrent cette incapacité des militaires à résoudre les crises multidimensionnelles. Malgré quelques avancées sécuritaires au Mali, la situation socio-économique reste catastrophique, et la légitimité des autorités est de plus en plus contestée. Des opposants en exil ont même formé un gouvernement parallèle, signe d’un rejet massif des juntes.

Alioune Tine met en garde contre les alliances stratégiques de ces régimes avec des pays comme la Russie, qui affaiblissent la coopération régionale. « La CEDEAO est divisée entre pro-occidentaux et pro-russes, ce qui nuit gravement à l’intégration africaine », déplore-t-il. Il regrette également l’absence d’alternative crédible aux bases militaires françaises, soulignant que le départ de ces dernières n’a pas résolu les problèmes de sécurité.

des régimes en quête de légitimité

Face à l’impopularité croissante, les juntes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger misent sur la terreur pour se maintenir. Enlèvements de personnalités, enrôlement forcé de civils dans des milices, et fermetures de médias sont devenus des outils quotidiens. « Ces régimes s’enfoncent dans une dictature totale, où même les personnes âgées ne sont pas épargnées », dénonce Alioune Tine.

L’avenir de ces pays reste incertain, alors que les populations subissent de plein fouet les conséquences de l’échec des juntes à rétablir la paix et la prospérité.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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