36 migrants africains expulsés vers Yaoundé engagent un combat juridique contre les États-Unis
36 migrants africains expulsés vers Yaoundé engagent un combat juridique contre les États-Unis
Trente-six ressortissants africains, récemment expulsés des États-Unis vers le Cameroun, ont engagé une procédure judiciaire à Yaoundé pour contester leur transfert et exiger une protection juridique. Leur avocat, Me Joseph Fru Awah, dénonce l’utilisation du Cameroun comme pays de transit vers des situations de persécution ou de torture.
Une plainte pour suspension de l’accord migratoire avec les États-Unis
Les 36 migrants, issus de plusieurs pays africains comme la République démocratique du Congo, le Ghana, le Sénégal ou encore le Maroc, ont déposé une plainte devant le tribunal administratif de Yaoundé. Leur objectif ?
- Suspendre l’accord migratoire conclu entre le Cameroun et les États-Unis,
- Obtenir un statut légal leur permettant de séjourner au Cameroun,
- Empêcher toute expulsion vers leur pays d’origine, où ils risquent persécutions ou tortures.
« Le Cameroun ne peut servir de plateforme pour expulser des individus vers des zones à haut risque », a déclaré Me Joseph Fru Awah, soulignant l’illégalité de telles pratiques au regard du droit international.
Des conditions de vie précaires au Cameroun
Depuis leur arrivée à Yaoundé, les 36 migrants vivent dans un centre géré par les autorités camerounaises en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Pourtant, ils se retrouvent dans une situation administrative floue :
- Absence totale de documents d’identité,
- Impossibilité de circuler librement,
- Statut juridique non défini.
Ces restrictions les placent dans une vulnérabilité accrue, les exposant à de nouvelles menaces d’expulsion.
Le Cameroun, plaque tournante des expulsions américaines en Afrique
Les États-Unis ont conclu des accords avec plusieurs pays africains, dont le Cameroun, pour accueillir des migrants expulsés. Parmi ces pays, on compte également la Centrafrique, la Guinée équatoriale, le Rwanda ou encore la Sierra Leone.
Selon l’administration américaine, ces transferts vers des pays tiers restent légaux, même si les personnes concernées ne peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine. Des enquêtes ont révélé que Washington a proposé des millions de dollars et menacé de restrictions de visas pour inciter certains États à accepter ces migrants.
Un enjeu humanitaire et juridique de taille
Cette affaire met en lumière les tensions autour des politiques migratoires américaines, notamment sous l’administration en place. Les 36 migrants, protégés par la justice américaine avant leur expulsion, se retrouvent désormais dans une impasse administrative et juridique au Cameroun. Leur combat judiciaire pourrait bien redéfinir les règles des accords migratoires entre les États-Unis et les pays africains.