Skip to content

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

  • Accueil
  • Guides
  • Études de cas
  • Analyses
  • Opinions
  • Chronique
  • Basculer la recherche

Vaccination VPH au Mali : succès et défis un an après

Publié le 2 décembre 202525 septembre 2026 ParZara Hassane

vaccination VPH au Mali : succès et défis un an après

Un an après le lancement de la campagne contre le virus du papillome humain (VPH) au Mali, la protection des jeunes filles contre le cancer du col de l’utérus prend de l’ampleur. Dans les rues de Bamako comme dans les villages environnants, les filles de 10 ans se mobilisent pour recevoir leur dose de vaccin. Malgré les obstacles persistants – méfiance, fausses informations, logistique complexe –, les soignants, les associations et les familles saluent cette initiative historique pour la santé féminine.

Écoutez cet articleEnviron 7 min
Des dizaines de jeunes filles brandissent leur carnet de vaccination après avoir reçu la dose unique contre le VPH. Crédit : Centre Djiguiya, Bamako

une campagne de vaccination qui gagne du terrain

Depuis novembre 2024, le vaccin contre le VPH représente une avancée majeure pour le Mali. Avec le schéma à dose unique, offrant une protection complète, plus de 145 000 filles de 10 ans ont été vaccinées entre janvier et septembre 2025. Parmi elles, plus de 113 000 sont scolarisées, tandis que 32 400 non scolarisées ont également pu en bénéficier. Cependant, les autorités reconnaissent la nécessité de renforcer les efforts pour toucher davantage ce dernier groupe, particulièrement vulnérable.

 La maîtresse nous a expliqué pourquoi c’est important. J’ai demandé à ma mère, elle m’a rassurée. Je suis fière d’être vaccinée. 

– Haby, élève de 10 ans

Pour le Dr Ibrahima Téguété, gynécologue-obstétricien au CHU du Point G, cette initiative rapproche le Mali des objectifs 90-70-90 de l’Organisation mondiale de la santé : vacciner 90 % des filles, dépister 70 % des femmes et traiter 90 % des cas détectés. « L’introduction du vaccin est une grande satisfaction, car elle nous permet enfin d’agir en prévention primaire », déclare-t-il. Malgré cela, il souligne les limites du système : « Nous n’avons qu’une seule unité de radiothérapie. Atteindre le dernier “90” reste un défi. »

la mobilisation citoyenne, clé du succès

Si les structures publiques de santé jouent un rôle central, la société civile est un acteur incontournable. À Bamako, l’ONG Solidaris223 a organisé des centaines de séances d’information depuis le début de la campagne. « Nous sommes intervenus dans toutes les communes. Les mamans nous demandaient où vacciner leurs filles », explique Amina Dicko, présidente de l’association.

Au Centre Djiguiya, une journée entière a été consacrée à la vaccination. « Soixante-dix filles internes ont reçu leur dose, et aucune n’a eu d’effet secondaire », précise Mme Togo Mariam Sidibé, directrice de l’établissement.

 J’ai fait vacciner ma fille parce que le cancer du col de l’utérus est une maladie grave. Ma belle-mère en a été victime cette année et elle en est décédée. J’ai vu de mes propres yeux à quel point une femme peut souffrir lorsqu’elle en est atteinte. Alors j’ai préféré prévenir, pour que ma fille n’ait jamais à affronter cela plus tard. 

– Fannata Dicko, mère de famille, Bamako

Les adolescentes partagent leur expérience. Awa, 10 ans, confie : « J’avais peur de l’aiguille, mais c’est passé vite. Je suis contente, parce que ça nous protège pour plus tard. » Pour le Dr Téguété, ces témoignages illustrent l’engagement collectif : « Les premières dotations ont été utilisées très rapidement. Cela prouve qu’il y a une volonté partagée. »

combattre les idées reçues et renforcer la confiance

Malgré les progrès, certaines rumeurs persistent, comme celle selon laquelle le vaccin affecterait la fertilité. « Certains prétendent que le vaccin nous veut du mal. C’est complètement absurde », dénonce le Dr Téguété. Amin Dem, sage-femme, observe ce changement au quotidien : « Aujourd’hui, certaines mamans viennent spontanément demander le vaccin. Il suffit d’expliquer, surtout dans leur langue, pour tout clarifier. »

Fannata Dicko incarne cette évolution. « J’ai fait vacciner ma fille parce que le cancer du col de l’utérus est une maladie dévastatrice. Ma belle-mère en est morte cette année. J’ai vu sa souffrance. Mieux vaut prévenir que guérir. »

Les défis logistiques restent importants. « Entre Mopti et Gao, les routes sont parfois impraticables », reconnaît le Dr Téguété. Pour contourner ces obstacles, certaines dotations sont acheminées par avion vers les chefs-lieux régionaux.

pour aller plus loin

  • Le vaccin contre le VPH fait disparaître les cancers liés au papillomavirus : la preuve en chiffres
  • Malgré une vague de désinformation, la campagne d’introduction du vaccin contre le VPH au Pakistan progresse

Le vaccin est entièrement gratuit pour toutes les filles de 10 ans, grâce à l’engagement conjoint de l’État malien et de ses partenaires techniques et financiers, notamment Gavi. Cette gratuité garantit un accès équitable, même dans les zones les plus reculées. « Si nous maintenons cet effort pendant encore quelques années, nous pourrons vacciner toutes les filles âgées de 9 à 14 ans », espère le spécialiste.

un avenir prometteur, malgré les obstacles

Les actions de prévention ne sont pas nouvelles. Entre 2016 et 2022, le programme Weekend 70 a permis de porter le taux de dépistage du cancer du col de l’utérus de 15 % à plus de 70 % dans le district de Bamako. Pourtant, la désinformation freine encore les progrès. « Ce que les gens ignorent, ils le craignent. Il faut continuer à expliquer, informer, sensibiliser », insiste le Dr Téguété.

Il salue également l’implication des leaders religieux, dont le soutien a rassuré de nombreuses familles. « À Bamako, les résultats sont visibles : les parents sont plus confiants, les filles plus nombreuses à se faire vacciner. Bamako n’est pas le Mali, mais c’est un excellent indicateur de ce que nous pouvons accomplir ensemble. »

Amin Dem partage cet optimisme : « Avant, on nous demandait pourquoi on parlait de ce cancer ici. Aujourd’hui, les gens viennent chercher des réponses. »

Pour les professionnels de santé et les associations, le vaccin contre le VPH marque le début d’une transformation profonde pour la santé des femmes au Mali. Comme le rappelle le Dr Téguété, « derrière chaque fille vaccinée, c’est une femme sauvée. »

Par Zara Hassane — Grand reporter

Flux de la rubrique :
ActualitésDernières actus
Actualités

Navigation

Previous Post: « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot
Next Post: Condamnation détention arbitraire avocate Burkina Faso ini benjamine esther doli

Archives

  • octobre 2026
  • septembre 2026
  • août 2026
  • juillet 2026
  • juin 2026
  • mai 2026
  • avril 2026
  • mars 2026
  • février 2026
  • janvier 2026
  • décembre 2025
  • novembre 2025
  • octobre 2025
  • septembre 2025
  • août 2025
  • juillet 2025
  • juin 2025
  • mai 2025
  • avril 2025
  • mars 2025
  • février 2025
  • janvier 2025
  • novembre 2024
  • octobre 2024
  • septembre 2024
  • août 2024
  • juillet 2024
  • juin 2024
  • mai 2024
  • mars 2024
  • février 2024
  • octobre 2023
  • août 2023
  • mai 2023
  • avril 2023
  • mars 2023
  • janvier 2023
  • octobre 2022
  • septembre 2022
  • mai 2022
  • mars 2022
  • août 2021
  • juin 2021
  • mai 2021
  • octobre 2020
  • septembre 2020
  • juin 2020
  • novembre 2019
  • juillet 2018
  • décembre 2014

Catégories

  • A la Une
  • Actualités
  • AES
  • Analyses
  • Chronique
  • Culture
  • Économie
  • Épinglé
  • Études de cas
  • Guides
  • International
  • Lifestyle
  • Actualités
  • Opinions
  • Politique
  • Sécurité & Défense
  • Société

Articles récents

  • Réactions autour du projet pilote de l’UEMOA sur les engrais phosphatés au Togo
  • Sénégal : loi de finances rectificative, l’exécutif sous les projecteurs face à la fronde des députés pastef
  • Bénin : l’impact économique des 53 nouveaux citoyens afro-descendants en débat
  • Forces étrangères au Niger : la charte de la refondation a-t-elle été appliquée pour le déploiement algérien ?
  • Témoignage nigérien sur pascal tigri : ce que révèle l’enquête en suspens sur la piste ouest-africaine

Commentaires récents

Aucun commentaire à afficher.

Copyright © 2026 Sahel Voice.

Propulsé par WordPress

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

À propos Contact Politique de confidentialité Mentions légales

© 2026 Sahel Voice — Tous droits réservés.

https://sahelvoice.com