Tchad : retrait de la CPI, une décision mûrie contre la justice sélective
Le Tchad tourne la page de la CPI pour une justice africaine plus indépendante
La République du Tchad a acté son départ de la Cour pénale internationale (CPI) par une notification officielle adressée au Secrétaire général des Nations Unies. Cette décision historique, prise le 27 juillet 2026, s’appuie sur une critique récurrente : l’inégalité de traitement des dossiers par la juridiction internationale, perçue comme biaisée envers l’Afrique.
Un bilan déséquilibré selon N’Djamena
Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger, les autorités expliquent avoir mené une analyse approfondie du fonctionnement de la CPI depuis son lancement en 2002. Résultat : « une efficacité limitée et une application des règles à géométrie variable », loin des ambitions initiales de justice universelle.
Les chiffres avancés par le gouvernement tchadien renforcent cette position. Sur les 13 enquêtes ouvertes par la CPI depuis sa création, 9 concernent des États africains, contre seulement 4 dans d’autres régions du monde. Parmi les sept individus actuellement détenus par la Cour, six font l’objet de poursuites liées à des situations africaines, contre un seul en dehors du continent.
Ces données illustrent, selon N’Djamena, « une concentration disproportionnée des activités judiciaires sur le continent africain », alimentant les suspicions d’une justice à deux vitesses. Les autorités tchadiennes dénoncent ainsi une « instrumentalisation politique » de la CPI, incompatible avec les principes d’équité et de neutralité.
Vers une justice africaine renforcée
Face à ce constat, le Tchad appelle l’Union africaine et ses membres à développer des mécanismes judiciaires continentaux plus robustes. L’objectif ? Promouvoir une justice « équitable, crédible et souveraine », respectueuse des spécificités régionales et moins dépendante des influences extérieures.
Le gouvernement réaffirme par ailleurs son engagement indéfectible dans la lutte contre l’impunité des crimes les plus graves. Il considère que les juridictions africaines, désormais mieux armées, sont en mesure d’assumer pleinement cette responsabilité, sans recourir à des instances internationales perçues comme partiales.