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Tchad : comment le chaos institutionnel alimente les drames quotidiens

Publié le 2 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Tchad : comment le chaos institutionnel alimente les drames quotidiens

Depuis près de quatre décennies, la même pièce se joue au Tchad, avec les mêmes acteurs et le même dénouement tragique. Les visages changent, les discours se renouvellent, mais l’essence du drame reste intacte : le sang versé chaque jour pour des ressources aussi vitales qu’un puits ou un pâturage. Pourtant, cette fatalité n’est ni une malédiction divine ni une coutume immuable. Elle est le fruit d’un choix politique délibéré, celui de maintenir un vide institutionnel pour mieux justifier l’arbitraire.

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Tchad : comment le chaos institutionnel alimente les drames quotidiens

Une réponse étatique qui se résume à des mises en scène

Face à un conflit pour un puits ou un terrain de pâturage, l’État tchadien ne propose jamais de solution durable. À la place, il organise des scènes théâtrales : des cortèges officiels, des médiations spectaculaires et des discours solennels. Une fois les 4×4 repartis et la poussière retombée, il ne reste plus qu’un sol aride et des promesses enterrées. Ce gaspillage de moyens est flagrant : un seul déplacement présidentiel ou une mission de pacification ostentatoire pourrait financer des centaines de puits modernes, assurant un accès équitable à l’eau pour des milliers de familles. Pourtant, l’État préfère entretenir les tensions plutôt que de résoudre définitivement ces crises.

Pourquoi perpétuer ce système ? Parce qu’il sert ceux qui le maintiennent. Une justice indépendante et des institutions solides rendraient obsolètes les interventions spectaculaires et les discours de sauveur. En affaiblissant délibérément l’appareil judiciaire, l’État force les citoyens à se faire justice eux-mêmes, alimentant ainsi un cycle de violence sans fin.

Des institutions volontairement fragilisées

Au Tchad, la justice n’est pas une branche de l’État, mais un instrument au service du pouvoir. En refusant de laisser les tribunaux trancher les conflits de manière impartiale, les autorités transforment chaque litige en une crise politique. Mourir pour un puits au XXIᵉ siècle n’est pas une fatalité, mais le résultat direct d’un système conçu pour éviter toute solution pérenne. Le pouvoir en place ne cherche pas à construire une nation unie et prospère, mais à gérer des crises pour mieux justifier son existence.

Le bilan est accablant : des décennies de gouvernance par le chaos, où chaque drame est une opportunité pour renforcer l’arbitraire. Pourtant, la solution existe. Elle réside dans le renforcement des institutions, la fin des mises en scène politiques et la fin de cette tragédie qui se répète, jour après jour, au Tchad.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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