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Souveraineté sous Ibrahim Traoré : l’illusion d’une émancipation sous tutelle

Publié le 15 septembre 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Dans une déclaration sans détour, le Général Yacouba Isaac Zida a récemment mis en lumière ce qu’il considère comme une supercherie politique au cœur de l’Alliance des États du Sahel (AES). Pour lui, « la véritable souveraineté ne consiste pas à choisir de qui dépendre, mais à se donner les moyens de ne dépendre de personne ». Cette phrase cinglante vise directement la gouvernance du Capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso. Zida, ancien chef de la transition radié de l’armée pour désertion et aujourd’hui exilé, incarne lui-même les contradictions d’une classe militaire burkinabè prise dans un cycle d’instabilité et de promesses non tenues.

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Une dépendance multiforme sous couvert de rupture

Le régime de Ouagadougou, dans une précipitation fébrile, s’est tourné vers Moscou en brandissant l’étendard d’une « rupture anti-impérialiste ». Mais derrière les slogans populistes, la réalité dévoile une renégociation des termes de la soumission. Le gouvernement de transition, loin de bâtir une autonomie réelle, maintient le pays dans une quadruple dépendance extérieure.

Le piège militaro-doctrinal

L’ambition affichée de créer un outil de défense national s’effondre face à l’appel systématique à des instructeurs et paramilitaires étrangers. L’approvisionnement en vecteurs aériens, munitions et blindés légers, souvent présentés à tort comme « fabriqués localement » alors qu’ils ne sont qu’assemblés sur place, confirme une subordination totale aux chaînes logistiques extérieures.

L’humiliation alimentaire

La rhétorique d’auto-prise en charge se heurte brutalement aux faits. La mise en scène autour de la réception de dons de blé russe ou les appels répétés à l’aide humanitaire internationale pour nourrir les déplacés montrent que le régime ne parvient même pas à assurer la subsistance de base de ses citoyens.

La vulnérabilité financière

Incapable de financer son budget de crise par des ressources internes assainies, le pouvoir militaire recourt à des expédients financiers et à des prêts d’urgence contractés auprès de nouveaux parrains géopolitiques, hypothéquant l’avenir économique des générations futures.

L’impasse technologique et stratégique

Qu’il s’agisse de fournir des intrants agricoles ou des équipements énergétiques, l’absence d’un tissu industriel autonome condamne le pays à quémander à l’étranger ce qu’il est incapable de produire.

L’AES : un slogan supranational pour masquer la faillite interne

La précipitation à créer une armée confédérale et des structures supranationales au sein de l’AES relève d’une fuite en avant propagandiste.

  • La démission face aux urgences intérieures : Prétendre fusionner des souverainetés régionales alors que le territoire national reste largement hors de contrôle de l’État relève de l’aveuglement stratégique. La priorité absolue devrait être la sécurisation des populations et la consolidation des institutions de base, et non l’empilement de coquilles vides.
  • La mise en scène de la légitimité : La multiplication des sommets et des déclarations enflammées sert avant tout de bouclier politique pour pérenniser des régimes d’exception non élus, au détriment d’une planification rigoureuse et réaliste.

Une souveraineté authentique ne s’exhibe pas dans des parades militaires ni dans la dépendance aux distributions de céréales étrangères. En substituant le patronage de Moscou à celui de Paris, le Capitaine Traoré n’a pas affranchi le Burkina Faso : il en a simplement changé le tuteur.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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