Sénégal : Sonko dénonce une pression occidentale sur les droits LGBTQ+

Sénégal : Sonko dénonce une pression occidentale sur les droits LGBTQ+

Ousmane Sonko
Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, lors d'un discours devant les députés

Le Premier ministre sénégalais a fustigé, lors d’une allocution devant les députés, la volonté des pays occidentaux d’imposer leurs normes sociétales, notamment en matière de droits des personnes LGBTQ+.

Le débat autour des droits des minorités sexuelles agite régulièrement le Sénégal, nation majoritairement musulmane où l’homosexualité reste un sujet ultra-sensible. Les détracteurs de ces droits y voient une tentative d’ingérence des puissances étrangères.

En fin mars, le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué une loi alourdissant les sanctions contre les relations entre personnes de même sexe, doublant la peine maximale encourue.

Depuis l’entrée en vigueur de ce texte, plusieurs arrestations ont déjà été recensées.

« Il s’agit d’une forme de tyrannie. Avec huit milliards d’habitants sur Terre, un petit groupe – l’Occident – qui contrôle les ressources et les médias cherche à imposer ses choix au reste du monde », a-t-il affirmé devant l’assemblée nationale.

Sonko a ajouté que, contrairement aux critiques venues d’Europe, aucun pays d’Afrique, d’Asie ou du monde arabe ne s’oppose à la position du Sénégal sur cette question.

Il a appelé le système judiciaire à appliquer la loi avec la plus grande rigueur.

Le nouveau dispositif prévoit des peines de cinq à dix ans de prison pour les « actes contre nature », une expression utilisée pour désigner les relations homosexuelles. Auparavant, ces infractions étaient passibles d’un à cinq ans d’emprisonnement.

La loi étend également les sanctions à ceux qui encourageraient ou financeraient de telles pratiques, avec des peines oscillant entre trois et sept ans de détention.

Le Premier ministre a catégoriquement rejeté toute idée de moratoire sur l’application de cette législation, en réaction à un appel lancé par une trentaine d’intellectuels africains dans un quotidien français.

Avant d’accéder au poste de Premier ministre en 2024, Sonko avait déjà exprimé son intention de criminaliser davantage l’homosexualité, en transformant cette infraction en délit majeur.