Sénégal : revue des réformes UEMOA, un appel à combler les retards économiques

Dakar accueille la 11e revue annuelle des réformes communautaires de l’UEMOA

La capitale sénégalaise a abrité hier, mardi, la phase politique de la 11e édition de la revue annuelle des réformes communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Une rencontre initialement prévue la veille, mais reportée d’un jour, qui a réuni les principaux acteurs économiques et politiques du pays. Le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, était présent pour évaluer les progrès réalisés.

Cette session, dédiée aux réformes politiques, programmes et projets communautaires, a permis de valider les conclusions de la phase technique organisée en novembre 2025. Si le Sénégal maintient une performance globalement satisfaisante sur les 145 réformes évaluées, un recul de 2,14 points par rapport à 2024 a été enregistré, poussant les autorités à accélérer les actions correctives.

Un taux de mise en œuvre en légère baisse

Le Sénégal affiche un taux provisoire de 76,45 % pour la mise en œuvre de ses réformes, contre 78,59 % en 2024 sur 132 réformes évaluées alors. Ce déclin s’explique principalement par des contreperformances dans deux domaines clés : la gouvernance économique et la convergence, d’une part, et les réformes structurelles, d’autre part, avec une chute de 6,3 points. Parmi les lacunes identifiées, la non-transmission du rapport 2024 du guichet unique de dépôt des états financiers à la Commission de l’UEMOA a été pointée du doigt. Les secteurs de la culture, du tourisme, de l’artisanat, de la qualité et du climat des affaires doivent également faire l’objet d’une attention particulière pour être renforcés.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a précisé que « les résultats de cette phase politique seront présentés au Premier ministre lors d’une audience » qu’il accordera au président de la Commission.

Des avancées sectorielles encourageantes

Malgré ce repli global, certains secteurs ont enregistré des progrès notables. L’agriculture, l’élevage, la pêche et l’environnement ont progressé de 12 points, tandis que le développement humain et social a gagné 6,5 points. Le secteur de l’énergie a progressé de 3 points, et la modernisation du cadre juridique, comptable et statistique affiche une hausse de 5,5 points. Ces résultats sectoriels, bien que contrastés, reflètent une dynamique que les autorités souhaitent amplifier.

Lors de son intervention, Abdoulaye Diop a rappelé que cet exercice, instauré par un acte additionnel de la Conférence des chefs d’État du 24 octobre 2013, vise à évaluer les actions communes menées pour atteindre les objectifs du traité de l’UEMOA, identifier les insuffisances et formuler des recommandations opérationnelles. Depuis 2014, dix revues ont déjà été conduites au Sénégal, avec des résultats jugés globalement satisfaisants. La session actuelle marque la onzième édition et la seconde organisée dans le cadre de la configuration politique biennale, conformément à la décision du 8 juillet 2023.

Un engagement renforcé pour la conformité communautaire

Pour concrétiser cet engagement, les autorités sénégalaises ont annoncé que les conclusions de cette phase politique feront l’objet d’une présentation spéciale au Premier ministre, en présence du président de la Commission. Un signal fort destiné à toutes les administrations concernées afin d’accélérer la mise en conformité avec les normes communautaires avant la prochaine revue.