Une ascension fulgurante post-limogeage
Après son éviction de la Primature vendredi dernier par le président Bassirou Diomaye Faye, suite à plusieurs mois de tensions au sommet de l’État, Ousmane Sonko semble prêt à un retour politique éclair. L’Assemblée nationale est réunie ce mardi matin pour statuer sur sa « réintégration » en tant que député, prélude à l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée. Dimanche, El Malick Ndiaye, un proche de Monsieur Sonko et alors président de l’institution, a présenté sa démission, ouvrant ainsi la voie à l’ancien chef du gouvernement. Le parti Pastef, sous la direction d’Ousmane Sonko, détient une majorité confortable de 130 sièges sur les 165 que compte l’Assemblée.
L’opposition dénonce la procédure
Cependant, la principale coalition d’opposition estime que cette procédure de réintégration contrevient aux règles institutionnelles en vigueur. Lors d’une conférence de presse tenue lundi, la députée Aïssata Tall Sall a fermement dénoncé un « coup d’État institutionnel » et un « forcing » exercé par la majorité présidentielle. Selon son analyse, Ousmane Sonko aurait dû démissionner de ses fonctions de Premier ministre avant toute réinstallation officielle en tant que député, même temporaire. L’opposition exhorte désormais le président Bassirou Diomaye Faye à saisir le Conseil constitutionnel afin d’obtenir un arbitrage juridique sur ce différend.
Des tensions croissantes entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye
Interdit de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 après une condamnation pour diffamation, Ousmane Sonko avait désigné son allié Bassirou Diomaye Faye pour représenter les couleurs du Pastef. L’élection de Monsieur Faye à la présidence avait alors symbolisé l’avènement d’un tandem jouissant d’une forte popularité, particulièrement auprès de la jeunesse sénégalaise. Néanmoins, au fil des mois, des divergences notables sont apparues entre les deux hommes, aboutissant au limogeage de Monsieur Sonko vendredi dernier.