La transition écologique s’accélère dans les industries alimentaires marocaines. Lors d’un forum organisé à Rabat, la Fédération Nationale de l’Agroalimentaire (FENAGRI) a présenté une feuille de route audacieuse pour réduire l’empreinte carbone du secteur. Cette initiative, soutenue par les ministères de l’Industrie et de la Transition énergétique, rassemble acteurs publics, privés et financiers autour d’un objectif commun : bâtir un avenir industriel plus durable.
Ce rassemblement a marqué une étape clé dans la stratégie de décarbonation des industries alimentaires nationales. Face aux défis énergétiques croissants et aux exigences des marchés internationaux, la FENAGRI mise sur une transformation progressive mais structurante. Le secteur, qui pèse près de 191 milliards de dirhams de chiffre d’affaires et emploie plus de 206 000 personnes, représente également 20 % de la consommation énergétique industrielle du pays.
Avec une consommation annuelle estimée à 380 000 tonnes équivalent pétrole, le secteur doit impérativement réduire son impact environnemental. C’est pourquoi la FENAGRI, en collaboration avec les autorités, a lancé une étude nationale pour élaborer une trajectoire de décarbonation à l’horizon 2040. Cette démarche vise à identifier les principaux leviers de réduction des émissions et à proposer des solutions concrètes pour moderniser les infrastructures industrielles.
une vision partagée : compétitivité et durabilité
Les discussions ont révélé un consensus fort : la décarbonation n’est pas qu’une contrainte, mais un véritable levier de performance. « La transition vers une industrie bas carbone est aujourd’hui un impératif économique. Elle renforce la compétitivité, améliore l’efficacité énergétique et ouvre de nouvelles perspectives commerciales », a souligné le président de la FENAGRI.
Plusieurs axes prioritaires ont émergé des échanges :
- Financement vert : faciliter l’accès aux fonds dédiés aux projets durables pour accompagner les entreprises, notamment les TPME.
- Expertise technique : renforcer les compétences locales pour optimiser les processus de production et réduire les gaspillages.
- Coordination institutionnelle : aligner les politiques industrielles, énergétiques et environnementales pour une approche cohérente.
- Innovation : promouvoir les technologies propres et les énergies renouvelables dans les chaînes de valeur.
des défis à relever ensemble
Le secteur marocain de l’agroalimentaire, qui couvre près de 77 % des besoins nationaux en produits transformés, doit relever des défis majeurs. L’accès à des solutions adaptées, des diagnostics personnalisés et des projets bancables sera déterminant pour garantir une transition inclusive.
La FENAGRI a réaffirmé son engagement à poursuivre cette dynamique, avec des ateliers par filière et un suivi rigoureux de la feuille de route. « Chaque entreprise, qu’elle soit grande ou petite, a un rôle à jouer dans cette transition. L’accompagnement doit être à la hauteur de leurs ambitions », a-t-il ajouté.
En combinant innovation, collaboration et engagement collectif, le Maroc se positionne comme un acteur clé de la transition énergétique en Afrique. Ce forum a marqué le début d’une nouvelle ère pour les industries alimentaires, où durabilité et croissance économique vont de pair.