Ousmane Sonko dénonce l’exclusion de son parti dans le gouvernement de la République

Lors d’une conférence de presse marquée par une tension palpable, Ousmane Sonko, leader du mouvement PASTEF, a livré des révélations fracassantes sur les négociations menées avant la constitution du dernier gouvernement. Ces échanges, selon ses dires, ont révélé une incompatibilité croissante entre son parti et les orientations prises par la présidence.

Le président du PASTEF a expliqué avoir perçu, dès les premiers échanges avec Bassirou Diomaye Faye, une volonté de ce dernier de s’éloigner de l’idéologie portée par le parti pour s’allier à d’autres forces politiques. Une divergence stratégique que Sonko a immédiatement dénoncée, rappelant un principe démocratique non négociable : « La majorité doit gouverner, et c’est à elle de désigner le Premier ministre. »

Des désaccords profonds sur des sujets clés

Les discussions entre les deux parties ont couvert plusieurs domaines cruciaux, parmi lesquels la gestion de la dette publique, l’amélioration du pouvoir d’achat, les renégociations des contrats stratégiques, ainsi que la question de la justice et de la transparence des comptes publics. Cependant, aucun compromis n’a pu être trouvé sur ces thèmes.

Sur le plan judiciaire, Sonko a été catégorique : « Aucun accord n’a été conclu sur ce front. » Ce point, selon lui, illustre l’un des principaux blocages entre le PASTEF et l’équipe présidentielle. En ce qui concerne la composition du gouvernement, le leader du parti a posé une condition sine qua non : une représentation majoritaire de son mouvement au sein de l’exécutif. Pourtant, cette demande n’a pas été retenue, comme il l’a souligné avec amertume.

L’absence de poids décisionnel, une raison de ne pas participer

Face à l’impossibilité de peser sur les décisions gouvernementales, Ousmane Sonko a justifié la décision du PASTEF de ne pas intégrer le gouvernement dirigé par Al Amine Lô. « Nous avons réalisé que, dans ces conditions, nous n’aurions aucun poids sur les orientations prises. » Une conclusion qui a conduit le parti à se retirer des négociations, marquant ainsi une rupture nette avec l’administration en place.