Ouagadougou : l’Union africaine insiste pour un retour rapide à la stabilité au Burkina Faso
L’Union africaine (UA) a vivement encouragé, cette semaine, les dirigeants burkinabè à accélérer leur démarche vers une normalisation institutionnelle. L’organisation panafricaine a notamment plaidé pour l’organisation d’élections transparentes et la réouverture immédiate de l’espace politique, tout en réaffirmant son engagement à accompagner Ouagadougou dans sa lutte contre les groupes armés.
Lors de son déplacement dans la capitale, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a échangé avec le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré. Aucune audience n’a été accordée au capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État en fonction depuis le coup d’État.
Un dialogue maintenu malgré les tensions
Malgré la suspension du Burkina Faso des instances décisionnelles de l’UA après le renversement institutionnel, l’organisation a réitéré son attachement au dialogue avec les autorités de transition. Mahmoud Ali Youssouf a également réaffirmé le soutien sans faille de l’organisation aux efforts du pays dans la lutte antiterroriste, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les initiatives de développement économique et social.
Une transition politique sous haute surveillance
Le président de la Commission a souligné l’urgence de faire progresser le processus de transition. Selon lui, celui-ci doit impérativement aboutir à la réhabilitation des partis politiques, à la levée des restrictions démocratiques et à la tenue d’élections libres pour rétablir l’ordre constitutionnel.
Renforcer la coopération régionale face aux défis communs
Mahmoud Ali Youssouf a également plaidé pour un resserrement des liens entre le Burkina Faso et la CEDEAO, dont le pays s’est retiré en début d’année avec le Mali et le Niger, avant de créer l’Alliance des États du Sahel (AES). Il a appelé à une collaboration renforcée entre les différentes organisations régionales afin de mieux répondre aux enjeux sécuritaires et économiques partagés.
Dans un communiqué officiel, l’UA a réitéré son attachement à la souveraineté, à la cohésion nationale et à l’intégrité territoriale du Burkina Faso. Le Premier ministre a, quant à lui, réaffirmé l’engagement de son gouvernement envers les réformes institutionnelles portées par l’organisation continentale, ainsi que sa volonté de renforcer l’autonomie financière de l’UA.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre d’une tournée diplomatique régionale, après un passage au Mali où le président de la Commission avait rencontré les autorités de transition.