Nigeria : plus de 400 femmes et enfants libérés de Boko Haram remis aux autorités

Audu MARTE – Une femme, libérée après avoir été enlevée au Nigeria par le groupe jihadiste Boko Haram, remise aux autorités locales à Pulka, le 8 juin 2026

Ce lundi, l’armée nigériane a confié aux autorités locales plus de 400 femmes et enfants. Ces personnes avaient été kidnappées plus tôt dans l’année par le groupe jihadiste Boko Haram dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays.

Depuis 2009, la région nord-est du Nigeria est en proie à une insurrection jihadiste. Boko Haram et son rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), ont causé des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

Les jihadistes pratiquent régulièrement des enlèvements de masse, suivis de libérations contre rançon.

L’armée a annoncé dimanche qu’environ 360 personnes avaient été libérées pendant le week-end, non par Boko Haram, mais grâce à une opération des forces armées basée sur le renseignement.

Environ 82 autres personnes avaient été libérées il y a deux à trois semaines, selon le gouverneur de Borno, Babagana Umara Zulum. Le total des anciens captifs secourus est ainsi d’environ 434.

Les victimes avaient été enlevées dans le village de Ngoshe, à moins de 10 km de la frontière camerounaise, dans les collines de Gwoza, bastion de Boko Haram. Ce village avait déjà subi des attaques répétées des islamistes.

L’une des femmes libérées, Hassana Buba, 43 ans, a déclaré dans le camp de déplacés de Pulka : « Nous remercions Allah le tout-puissant pour ce sauvetage. Nous sommes très reconnaissantes et nous fêtons cela. »

Les autorités nigérianes nient verser des rançons, mais des analystes estiment que cette pratique est courante, tant de la part du gouvernement que des familles.

Entre juillet 2024 et juin 2025, environ 1,66 million de dollars ont été versés en rançons à divers groupes armés nigérians, incluant jihadistes, bandits et séparatistes, d’après un rapport du cabinet SBM Intelligence basé à Lagos.