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Niamey : 26 000 habitants expulsés sans solution ni dignité

Publié le 1 juin 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Une opération brutale condamnée par la société civile nigérienne

Niamey traverse une crise majeure après l’annonce d’un déguerpissement massif de 26 000 personnes, réalisé sans aucune préparation ni compensation. Cette décision, prise par les autorités de transition sous la direction du général Abdourahamane Tiani, soulève une vive émotion au sein de la population et des défenseurs des droits humains. Comment justifier une telle mesure, si ce n’est par un mépris affiché pour les principes fondamentaux de justice sociale ?

Écoutez cet articleEnviron 3 min

Maikoul Zodi, porte-parole influent de la société civile nigérienne, a exprimé son indignation avec des mots sans équivoque : « Hier soir, je n’ai pu trouver le sommeil. » Pour lui, cette expulsion forcée équivaut à l’effacement pur et simple d’une agglomération entière, sans égard pour les conséquences humaines qui en découlent.

Le non-respect flagrant des normes juridiques en vigueur

Cette opération, menée tambour battant, bafoue ouvertement les textes nationaux et internationaux qui protègent les citoyens contre les expulsions arbitraires. Gouverner ne se limite pas à édicter des lois depuis les salons feutrés du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) ; gouverner implique avant tout de garantir le respect des droits les plus élémentaires de chaque individu.

Comme l’a souligné Maikoul Zodi, les réglementations nigériennes ainsi que les conventions internationales ratifiées par le Niger, notamment celles relatives aux droits économiques, sociaux et culturels, encadrent strictement les opérations de déguerpissement. Toute expulsion de cette envergure nécessite au préalable :

  • Une étude d’impact environnemental et social approfondie,
  • Un inventaire précis des populations concernées,
  • Une indemnisation équitable et un projet de relogement viable avant toute mise en œuvre.

L’absence totale de ces préalables transforme cette opération en une expulsion forcée, formellement interdite par le droit international et constitutive d’une violation grave des droits humains.

Des vies brisées, des destins sacrifiés

Derrière le jargon administratif se cachent des drames humains d’une ampleur insoutenable. Des milliers d’enfants voient leur parcours scolaire interrompu brutalement, tandis que des familles entières, déjà fragilisées par les crises économiques répétées, se retrouvent du jour au lendemain sans toit ni ressources. Comment, dans un contexte déjà marqué par l’instabilité, une autorité peut-elle sciemment plonger des milliers de personnes dans la précarité absolue ?

Le silence des autorités face à ce drame est éloquent. Aucune solution concrète n’a été proposée aux victimes de cette expulsion sauvage. Aucune alternative n’a été envisagée pour leur offrir une dignité minimale. Elles sont abandonnées à leur triste sort, sans filet de sécurité, sans espoir de reconstruction.

Cette absence totale de considération pour la vie humaine interroge : une telle gouvernance est-elle compatible avec les valeurs d’un État de droit ?

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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