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Mali : l’agence moody’s alerte sur les risques économiques majeurs

Publié le 1 juin 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Une dégradation qui fragilise la position économique du Mali

L’agence Moody’s a récemment fait évoluer la perspective de la note souveraine du Mali de « stable » à « négative », tout en maintenant celle-ci à Caa2. Cette décision reflète une montée des inquiétudes concernant la santé financière du pays, dans un contexte marqué par des tensions multiples. Pour les acteurs économiques, nationaux comme internationaux, ce signal représente un obstacle supplémentaire dans la recherche de financements essentiels au développement.

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Des risques sécuritaires qui pèsent sur la croissance

L’insécurité persistante au Mali reste l’un des principaux facteurs de préoccupation. Malgré les efforts déployés pour renforcer les capacités de défense, les attaques récurrentes et l’instabilité territoriale continuent de perturber les activités économiques. Les circuits d’approvisionnement sont affectés, l’agriculture subit des pertes, et l’État peine à collecter des recettes fiscales dans plusieurs zones du territoire. Ces défis structurels freinent la reprise économique et découragent les investissements.

Un accès au crédit devenu plus coûteux et incertain

Le Mali se heurte à des difficultés croissantes pour mobiliser des fonds sur les marchés financiers. Privé de certains financements internationaux en raison de tensions diplomatiques, Bamako a massivement recours au marché des titres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cependant, ce marché s’est durci : la hausse des taux directeurs, décidée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour lutter contre l’inflation, a renchéri le coût des emprunts. Les dernières émissions de dette malienne ont révélé une méfiance accrue des investisseurs régionaux, notamment des banques commerciales, face au risque de signature du pays. Résultat : le Trésor public doit désormais payer des taux d’intérêt plus élevés, réduisant d’autant sa marge de manœuvre pour financer ses projets et ses dépenses courantes.

Une transition politique source d’incertitudes

Le troisième volet des craintes de Moody’s concerne la situation politique. Le Mali traverse une période de transition prolongée, marquée par des reports successifs des élections et une incertitude persistante quant au retour à un cadre constitutionnel apaisé. Cette instabilité alimente la prudence des bailleurs de fonds et des partenaires multilatéraux. Par ailleurs, la décision du pays de quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Niger et le Burkina Faso, redéfinit les équilibres géopolitiques régionaux. Si les autorités de transition y voient une opportunité de souveraineté renforcée, les marchés financiers perçoivent cette démarche comme un facteur d’instabilité juridique et commerciale, susceptible de générer des barrières tarifaires ou des restrictions dans la circulation des capitaux.

Des conséquences tangibles pour la population et les entreprises

La décision de Moody’s dépasse le cadre des marchés financiers et impacte directement le quotidien des Maliens. Lorsque l’État emprunte à des taux prohibitifs, les fonds alloués aux services publics — santé, éducation, subventions aux produits essentiels — se réduisent. Pour les entreprises locales, l’effet est immédiat : les banques, exposées à la dette publique, deviennent plus réticentes à octroyer des crédits au secteur privé. Les PME-PMI, piliers de l’économie nationale, subissent un resserrement du crédit, ce qui freine l’investissement et la création d’emplois.

Vers une sortie de crise ? Les défis à relever

Malgré ces difficultés, l’économie malienne conserve des atouts, notamment grâce à son secteur minier aurifère et à sa production cotonnière. Toutefois, pour stabiliser sa perspective économique et regagner la confiance des investisseurs, le Mali devra relever plusieurs défis majeurs. Rétablir la sécurité, clarifier sa trajectoire politique et adopter une gestion rigoureuse des finances publiques sont des priorités absolues. Seule une approche équilibrée permettra de restaurer la crédibilité du pays auprès des marchés financiers et de relancer durablement son développement.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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