Mali : graves exactions contre les civils attribuées à l’armée, aux groupes armés et aux mercenaires
Mali : graves exactions contre les civils attribuées à l’armée, aux groupes armés et aux mercenaires
Un rapport accablant de Human Rights Watch met en lumière les violences ciblant les civils au Mali depuis les offensives menées conjointement par les jihadistes du JNIM, les rebelles touareg du FLA, les forces armées maliennes et les supplétifs russes d’Africa Corps. Ces attaques, lancées fin avril, ont plongé plusieurs régions du pays dans une spirale de violences sans précédent, causant des pertes humaines et matérielles considérables.
Des civils pris pour cible par toutes les parties au conflit
Selon l’ONG, « toutes les factions engagées dans les combats ont perpétré des attaques illégales contre des populations innocentes ». Les jihadistes du JNIM et leurs alliés du FLA, ainsi que l’armée malienne et les mercenaires d’Africa Corps, sont pointés du doigt pour avoir détruit des habitations, pillé des biens et causé la mort de dizaines de civils.
Les affrontements les plus meurtriers ont été signalés à Gao et Kidal, où 13 morts et 25 blessés ont été recensés parmi les populations civiles. Un témoignage poignant d’un habitant de Kidal, blessé lors des combats, illustre l’ampleur de la violence : « J’ai été touché par des balles à l’épaule droite et à la cuisse gauche. Les tirs venaient de toutes parts, je ne sais pas qui m’a atteint ».
Exécutions sommaires, destructions et frappes aveugles dénoncées
Le rapport de Human Rights Watch révèle des cas d’exécutions sommaires, notamment à Tonka, où un homme a été abattu publiquement par des membres présumés du JNIM. « Son corps a été retrouvé avec une balle dans la tête », précise un témoin cité par l’ONG.
L’armée malienne n’est pas épargnée par les accusations. Human Rights Watch lui reproche d’avoir tué 38 civils, dont 23 enfants, lors d’opérations militaires menées contre des communautés peules dans le centre du pays. Deux frappes de drones, présumées attribuables à l’armée, ont également causé d’importants dégâts à Guimbé et Tené. Un habitant de Tené témoigne : « J’ai entendu un bruit dans le ciel avant une explosion. Les dégâts étaient énormes, avec des morts et des blessés ».
Pour étayer ses conclusions, Human Rights Watch s’appuie sur 34 entretiens réalisés à distance, ainsi que sur l’analyse d’images satellites, de vidéos et de photographies. Malgré les sollicitations répétées, les autorités maliennes n’ont pas répondu aux demandes de l’ONG.
De leur côté, les groupes armés ont réagi à ces accusations. Le JNIM a affirmé qu’« aucune guerre ne peut se dérouler sans coûts humains », tandis que le FLA a déclaré avoir « pris des mesures pour éviter que les civils ne soient des victimes collatérales ».
Une situation humanitaire alarmante
Ces révélations soulignent la détérioration rapide de la situation humanitaire au Mali, où les populations civiles paient un lourd tribut dans un conflit de plus en plus complexe. Les violences répétées, combinées à l’absence de réponse des autorités, aggravent une crise déjà profonde.