Mali et Algérie redésignent leur voisinage après 15 mois de crise
Le Mali et l’Algérie ont amorcé un dégel diplomatique, 15 mois après la rupture entre les deux pays. La crise a été déclenchée par la dénonciation du Mali des accords d’Alger sur la paix et la réconciliation, mais les signaux d’un rapprochement se multiplient.
Les deux pays ont reproché aux autorités maliennes une lecture de la question du nord malien, mais Alger a défendu son rôle historique de médiateur. Bamako a revendiqué une souveraineté pleine sur le règlement des affaires intérieures.
La crise s’est nourrie de griefs accumulés et a pris une tournure spectaculaire avec des échanges publics acerbes entre les chancelleries. Mais maintenant, Alger et Bamako cherchent à normaliser leurs relations.
Sur le plan sécuritaire, l’expansion des groupes armés terroristes dans la bande sahélo-saharienne rend intenable une absence de coordination entre les deux voisins. Le dégel répond à des considérations pragmatiques et porte sur la réactivation de canaux techniques : sécurité frontalière, échanges consulaires, coopération douanière.
Le rapprochement entre Bamako et Alger pourrait être un signe important pour les pays du Sahel, qui cherchent à renforcer leurs relations régionales. Mais le calendrier reste ouvert et la question des figures de l’ex-Coordination des mouvements de l’Azawad réfugiées en Algérie crispera encore Bamako.
Les deux pays sont engagés dans une politique de sécurisation de leurs frontières, mais un accord politique sur le cadre post-accord d’Alger sera complexe compte tenu du positionnement souverainiste des autorités maliennes.