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Dégel diplomatique : l’Algérie et le Mali rétablissent leurs relations après 15 mois de crise

Publié le 12 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Après une année et trois mois de tensions diplomatiques exacerbées par la destruction d’un drone malien, les gouvernements d’Alger et de Bamako ont annoncé conjointement la réouverture de leurs espaces aériens respectifs et le retour imminent de leurs ambassadeurs.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Cette annonce, diffusée vendredi via des communiqués distincts, marque la fin d’une période de 15 mois de gel des relations bilatérales, qui menaçait sérieusement la coopération sécuritaire dans le Sahel. Les mesures de rétorsion mutuelles sont levées, permettant aux vols civils et militaires de reprendre leur cours normal, et aux représentants diplomatiques de regagner leurs postes.

Les liens entre les deux nations étaient rompus depuis avril 2025, suite à un incident militaire d’envergure survenu à leur frontière commune.

L’incident de Tinzaouaten : le point de rupture

Le différend a éclaté dans la nuit du 31 mars 2025, lorsque les forces de défense algériennes ont abattu un drone militaire d’origine turque, piloté par l’armée malienne. L’appareil se trouvait alors à proximité de la localité de Tinzaouaten, une zone frontalière stratégique située dans la région de Kidal, connue pour être un fief historique des mouvements séparatistes Touaregs en opposition avec le pouvoir central de Bamako.

Du côté d’Alger, les informations radar étaient sans équivoque : l’engin avait violé l’espace aérien algérien. Une affirmation catégoriquement rejetée par la junte militaire malienne, qui a dénoncé l’absence de preuves et qualifié l’acte d’« agression » injustifiée.

La crise a rapidement pris une dimension régionale, affectant l’actualité du Sahel francophone :

  • Soutien régional : Fort du soutien de ses alliés au sein de la Confédération des États du Sahel, notamment le Niger et le Burkina Faso, le Mali avait rappelé son ambassadeur pour protester contre une « agression » perçue comme visant l’espace confédéral. Ces Mali, Burkina, Niger nouvelles ont marqué l’actualité politique régionale.
  • Réplique algérienne : En réponse, l’Algérie, jugeant les accusations de Bamako « graves et infondées », avait fermé son espace aérien à tous les vols en provenance et à destination du Mali, rappelant également ses propres émissaires diplomatiques.

Des conséquences majeures sur la sécurité au Sahel

L’escalade s’est poursuivie sur le plan multilatéral. En septembre dernier, le Mali a porté l’affaire devant la Cour internationale de justice (CIJ), accusant l’Algérie d’avoir intentionnellement abattu le drone afin d’entraver ses opérations militaires contre les groupes rebelles. Dans la foulée, Bamako s’est retiré du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC), un organisme clé pour la coordination antiterroriste dans le Sahel, initialement mis en place par l’Algérie. Cette décision a eu un impact significatif sur la Sahel politique et l’analyse de la sécurité régionale.

Historique : Pendant plus d’une décennie, l’Algérie a joué un rôle de médiateur essentiel dans le conflit opposant l’État malien aux rebelles Touaregs, notamment par les Accords d’Alger signés en 2015, soulignant son importance dans la stabilité du Sahel.

Un contexte géopolitique sahélien en pleine mutation

Ce dégel des relations survient dans un contexte géopolitique sahélien profondément transformé. Depuis les coups d’État successifs de 2020 et 2021 au Mali, les juntes au pouvoir à Bamako, Niamey et Ouagadougou se sont progressivement éloignées de leurs partenaires historiques, tels que la France et l’Algérie, pour forger de nouvelles alliances militaires, notamment avec la Russie.

Sur le terrain, la situation sécuritaire demeure extrêmement précaire. Le Mali est confronté, depuis 2012, à une insurrection djihadiste liée à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ces derniers mois ont vu une intensification des pressions sur le gouvernement malien, qui fait face à des attaques coordonnées émanant à la fois des groupes terroristes et des séparatistes Touaregs. Le rétablissement du dialogue avec l’Algérie, un acteur régional majeur, pourrait se révéler déterminant pour la stabilisation de la région, offrant une lueur d’espoir pour la Sahel Voice et la sécurité régionale.

#Algérie #Mali #Bamako #repriserelations #Azawad #FLA #JNIM #groupesarmés #Russie #AfricaCorps

Par Zara Hassane — Grand reporter

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