Mali : détention d’un journaliste après une critique de la junte
Un journaliste malien a été placé en détention à Bamako après avoir publiquement critiqué la junte au pouvoir lors d’un événement médiatique international. Chahana Takiou, directeur du bihebdomadaire 22 septembre, a été convoqué puis incarcéré lundi, quelques jours après ses déclarations lors du Forum panafricain des médias organisé dans la capitale.
Une convocation suivie d’une incarcération
Chahana Takiou s’est retrouvé devant le procureur du pôle de lutte contre la cybercriminalité lundi après-midi. Son arrestation a été prononcée pour atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire, selon une source judiciaire ayant requis l’anonymat. Son procès est d’ores et déjà programmé pour le 27 juillet prochain.
Des proches du journaliste ont confirmé son placement en détention, confirmant ainsi les informations relayées par les médias locaux.
Des propos jugés compromettants
Lors d’un panel animé par Idrissa Hamidou Touré, procureur d’un tribunal de Bamako, le journaliste avait vivement critiqué la situation sécuritaire et politique du pays. « Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali. Vous arrêtez les journalistes et au lieu de les juger selon le régime de presse en vigueur, c’est la loi sur la cybercriminalité que vous appliquez », avait-il lancé sous les yeux des autorités judiciaires présentes.
Réactions de la profession
La Maison de la Presse du Mali a réagi avec fermeté à l’incarcération de Chahana Takiou. Dans un communiqué diffusé en soirée, elle a exprimé son « incompréhension » et sa « profonde préoccupation » face à cette décision.
« La Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias condamnent avec fermeté ce mandat de dépôt qui ternit l’image de la justice, de la presse et de notre pays », peut-on lire dans le texte. Elles dénoncent également « une atteinte flagrante et grave à la liberté d’opinion et de presse », soulignant l’urgence de préserver les droits fondamentaux des acteurs médiatiques.