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L’opposition sénégalaise exige le départ d’Ousmane Sonko de l’Assemblée nationale

Publié le 4 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

À Dakar, la coalition d’opposition, regroupée au sein du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), a officiellement réclamé l’éviction d’Ousmane Sonko de l’Assemblée nationale sénégalaise. Cette démarche, ciblant le Premier ministre du Sénégal et leader du parti Pastef, marque une nouvelle étape dans un bras de fer politique qui redessine le paysage institutionnel du pays. L’opposition cherche ainsi à contester la légitimité de la présence du chef du gouvernement au sein de l’hémicycle et, par extension, son influence sur le processus législatif.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une offensive parlementaire majeure contre le chef du gouvernement

Le FDR, qui fédère plusieurs entités politiques hostiles au régime issu de l’alternance de mars 2024, fonde sa requête sur des arguments de régularité institutionnelle. Les porte-parole de la coalition avancent que la position d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale soulève des questions de compatibilité, compte tenu de son cumul des fonctions de chef de gouvernement et de figure politique prépondérante au sein de la majorité Pastef. Selon l’opposition sénégalaise, cette double casquette compromettrait l’équilibre des pouvoirs entre les sphères exécutive et législative.

Au-delà du strict cadre juridique, cette initiative révèle une stratégie politique calculée. En privant le Premier ministre d’une tribune parlementaire directe, le FDR espère limiter son ascendant sur les débats législatifs, le confinant à ses seules prérogatives gouvernementales. Pour le Front, l’objectif est clair : reprendre l’initiative au sein d’une Assemblée largement dominée par la majorité présidentielle, une domination renforcée par les élections législatives anticipées de novembre 2024 qui ont consolidé la position de Pastef à la chambre.

Le contexte politique sénégalais sous tension

La demande de l’opposition s’inscrit dans un climat déjà fortement polarisé. Depuis l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence et la nomination d’Ousmane Sonko à la primature, les relations entre la nouvelle majorité et les anciennes formations dirigeantes, notamment l’ancienne coalition Benno Bokk Yaakaar, n’ont cessé de se dégrader. Plusieurs sessions parlementaires ont été émaillées d’échanges tendus, de suspensions de séance et de contestations de procédure.

La question de la reddition des comptes, mise en avant par le gouvernement concernant la gestion de l’ère Macky Sall, alimente cette confrontation. L’opposition dénonce une instrumentalisation des institutions, tandis que la majorité invoque un mandat populaire clair pour assainir la gestion publique. Le ciblage personnel d’Ousmane Sonko, personnalité clivante mais essentielle du pouvoir en place, est devenu un point focal symbolique pour les forces qui remettent en question l’orientation actuelle des affaires publiques au Sénégal.

Quelles répercussions sur la stabilité institutionnelle ?

Sur le plan juridique, l’issue d’une telle demande dépendra de l’interprétation des règles par les instances compétentes de l’Assemblée nationale et, si nécessaire, du Conseil constitutionnel. La majorité Pastef, qui contrôle l’hémicycle avec une confortable avance, dispose des moyens de bloquer toute initiative défavorable à son chef. Néanmoins, cet épisode pourrait alimenter un débat plus large sur le cumul des fonctions et l’articulation entre le mandat parlementaire et les responsabilités gouvernementales au Sénégal.

Les partenaires économiques et diplomatiques de Dakar observent ces tensions internes avec une attention particulière. Le Sénégal, qui s’apprête à exploiter ses ressources gazières et pétrolières et à définir sa trajectoire budgétaire, a besoin d’une stabilité institutionnelle prévisible. Toute crispation prolongée entre l’exécutif et l’opposition pèserait sur la perception du risque politique, à un moment clé où le pays cherche à renforcer sa crédibilité auprès des investisseurs et des bailleurs de fonds.

Concrètement, la démarche du FDR confirme que la confrontation entre Pastef et ses adversaires se déroulera, dans les mois à venir, autant sur la scène parlementaire que dans les arènes judiciaire et médiatique. Ousmane Sonko, désormais directement visé par une procédure d’éviction, devra faire face à une opposition déterminée à exploiter tous les leviers disponibles pour marquer son territoire politique.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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