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L’influence grandissante du groupe Wagner en République centrafricaine via le trafic de tramadol

Publié le 17 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Un empire criminel en pleine expansion se construit en République centrafricaine sous l’égide du groupe Wagner. Selon les dernières révélations, ce contingent paramilitaire russe a trouvé dans le trafic de tramadol une source de revenus inespérée pour relancer ses activités dans ce pays d’Afrique centrale.

Écoutez cet articleEnviron 3 min

Ce médicament, initialement prescrit pour soulager des douleurs modérées, est ici reconditionné en version fortement dosée. Son usage détourné en fait une substance aussi stimulante que dangereuse, souvent comparée à une « cocaïne accessible aux plus démunis ».

Une présence historique qui résiste aux bouleversements

Depuis son implantation en 2018, Wagner a su s’imposer comme un acteur incontournable en République centrafricaine. Malgré la disparition d’Evgueni Prigojine en 2023 et la montée en puissance du corps africain des forces russes (Africa Corps), les mercenaires russes conservent une influence majeure dans ce pays. Menés par Pavel Prigojine, fils du fondateur, ils comptent désormais près de 500 hommes sur le terrain.

Les atouts d’un territoire propice aux activités illicites

Plusieurs facteurs expliquent cette emprise durable. La République centrafricaine, peu surveillée par les observateurs internationaux, regorge de ressources naturelles stratégiques : or, diamants et uranium. Parallèlement à ses activités minières, où Wagner réalise un chiffre d’affaires annuel estimé à 180 millions de dollars selon Global Initiative, le groupe se tourne vers le trafic de substances illicites.

Le tramadol, acheminé par voie fluviale depuis la République démocratique du Congo, circule ensuite librement dans les marchés locaux. Les mercenaires supervisent sa distribution, alimentant un réseau lucratif qui s’étend bien au-delà des frontières centrafricaines, avec des prix gonflés à l’exportation.

Un trafic aux multiples ramifications

Les bénéficiaires de ce commerce illégal sont nombreux :

  • Les membres de la garde présidentielle d’élite,
  • Les miliciens des « Requins », milice pro-gouvernementale effectuant des patrouilles armées autour de Bangui,
  • Les opposants politiques, ciblés lors des manifestations,
  • Les mineurs artisanaux travaillant pour Wagner,
  • Les manifestants pro-russes,
  • Les combattants engagés dans les opérations de contre-insurrection.

Tous recevraient cette substance « pour renforcer leur endurance au combat », selon les experts interrogés. Certains observateurs craignent désormais une extension de ces activités vers le Soudan voisin, où les Forces de soutien rapide (RSF) étendent leurs zones d’influence à proximité de la frontière centrafricaine.

Une stratégie aux conséquences géopolitiques

Selon les analystes, cette diversification des revenus illustre la capacité d’adaptation de Wagner malgré les pressions subies. Le contrôle de l’État et des ressources naturelles, couplé à ce trafic lucratif, consolide son emprise sur les institutions locales, comme le souligne le Centre d’études stratégiques pour l’Afrique.

Dans un contexte où les chancelleries occidentales se désengagent progressivement, Wagner semble tirer profit de cette vacuité sécuritaire pour étendre son influence économique et politique.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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