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Libreville dans le noir : la seeg paralysée par une panne informatique majeure

Publié le 20 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Depuis l’aube, Libreville est plongée dans une obscurité bien plus grande que celle de la nuit. Les habitants de la capitale gabonaise subissent les conséquences d’un dysfonctionnement informatique survenu dans la nuit, qui bloque désormais l’accès aux unités EDAN, ces crédits indispensables au rechargement des compteurs électriques.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

La SEEG paralysée : des milliers de foyers dans l’impasse

La panne, survenue à l’aube du 15 juin, a pris de court les usagers de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG). Impossible désormais d’acheter des unités EDAN, privant ainsi des milliers de foyers de courant électrique au moment où les températures atteignent des sommets. Les climatiseurs et ventilateurs, souvent les seuls remparts contre la chaleur étouffante, sont devenus inutilisables.

Dans un communiqué laconique, l’entreprise a évoqué un «dysfonctionnement informatique», sans préciser ni l’origine ni la durée des réparations. Les promesses de rétablissement «imminent» en fin de journée n’ont pas rassuré les abonnés, toujours dans l’attente d’une solution concrète.

Des files d’attente interminables et des réponses floues

Dès l’ouverture des agences, des centaines d’abonnés se sont massés devant les guichets de la direction générale de la SEEG, située en plein cœur de Libreville. En vain. Les employés, tout aussi désemparés que les clients, n’ont pu proposer aucune alternative. «On ne sait rien. Tout le monde attend, sans savoir quand ça va s’arranger», confie Eric Ovono, un résident excédé par ce black-out informationnel.

Jennifer Engouma, une cliente habituée aux petites agences de quartier, a tenté sa chance en centre-ville. «On m’a simplement dit que c’était un problème de connexion. Je suis venue jusqu’ici, et même ici, plus rien ne fonctionne. C’est mon quatrième jour sans électricité. La nuit, c’est l’enfer avec les moustiques», explique-t-elle, épuisée par cette situation hors de contrôle.

Marceline, une autre habitante, partage son désarroi : «C’est insupportable avec cette chaleur ! Mais que faire ? Même Airtel Money, qui fonctionnait d’habitude, ne répond plus. On reçoit un message d’erreur en anglais, comme si le système avait perdu la tête. Ma nourriture pourrit dans le congélateur». Une ironie cruelle pour un pays où la digitalisation était censée simplifier le quotidien.

Une infrastructure numérique sous pression

Au-delà de l’inconfort immédiat, cette panne révèle la fragilité des systèmes numériques de la SEEG. Dans un pays où les compteurs intelligents et les paiements mobiles sont devenus la norme, une simple défaillance technique suffit à paralyser une ville entière. Les méthodes de paiement traditionnelles, reléguées au second plan, sont désormais les seules options, plongeant les usagers dans une attente passive et frustrante.

Alors que la nuit tombe sur Libreville, les regards se tournent vers les serveurs de la SEEG. L’espoir d’un rétablissement rapide anime les conversations, mais pour beaucoup, l’amertume persiste. Une fois de plus, la capitale gabonaise doit faire face à l’instabilité d’un système censé garantir un service fiable. À chaque alerte, c’est la même angoisse : et si le prochain dysfonctionnement ne se limitait pas à quelques heures ?

Par Zara Hassane — Grand reporter

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