La Seleção brésilienne a rappelé au monde entier pourquoi elle fascine depuis des décennies. Avec une démonstration de football offensif et spectaculaire, elle a infligé un cinglant 3-0 à Haïti, offrant au public un spectacle digne des plus grandes traditions du joga bonito.
Une victoire qui résonne bien au-delà du score. Dans le football brésilien, la manière compte tout autant que le résultat. Une vérité que Carlos Alberto Parreira avait apprise à ses dépens lors du Mondial 1994, où même sa mère lui avait reproché le jeu peu inspiré de son équipe en finale.
Une première mi-temps de rêve
Dès les premières minutes, le Brésil a imposé son rythme. Carlo Ancelotti avait choisi de titulariser Matheus Cunha à la place d’Igor Thiago, un choix qui s’est avéré payant. L’attaquant de Manchester United a ouvert le score juste avant la pause hydropublicitaire, profitant d’une erreur défensive haïtienne pour tromper le gardien adverse d’une frappe déviée.

Le deuxième but est arrivé comme une évidence. Cunha, encore lui, a profité d’une nouvelle passe décisive de Vini Jr pour doubler la mise d’une frappe croisée imparable. La célébration qui a suivi, dignes des meilleurs surfeurs, a marqué les esprits.
Vini Jr. n’a pas tardé à ajouter son nom au tableau d’affichage. Profitant d’une défense haïtienne trop avancée, le jeune prodige a conclu d’une frappe subtile après une passe lobée de Lucas Paquetá, en pleine confiance après son excellent match contre le Maroc.
Haïti se reprend, le Brésil fléchit
Les Grenadiers, d’abord dépassés, ont su réagir. Sébastien Migné a ajusté sa tactique en remplaçant la défense à cinq par une ligne de quatre, réduisant ainsi l’espace pour les attaquants auriverdes. Résultat : l’hémorragie a été stoppée, et les Haïtiens ont limité la casse.
Contrairement aux clichés, Haïti n’a pas adopté de stratégie défensive passive. Les joueurs ont continué à proposer un football offensif, même si leur manque d’expérience sur la scène mondiale s’est parfois fait sentir. Leur approche a forcé le Brésil à adapter son jeu en seconde période.
Le Brésil, privé de Raphinha dès la 40e minute à cause d’une blessure, a eu du mal à retrouver la même fluidité. L’absence de ce joueur clé, auteur d’une saison exceptionnelle avec le FC Barcelone, s’est fait cruellement sentir. Neymar, toujours blessé, n’a même pas fait le déplacement, laissant Ancelotti face à un dilemme cornélien.

Ancelotti a préféré ne pas écarter Neymar, malgré son âge et ses blessures récurrentes. Un choix prudent, mais qui a peut-être privé l’équipe d’une solution offensive supplémentaire.
Haïti éliminé, le Brésil en quête de perfection
Avec cette victoire, Haïti quitte le Mondial sans gloire, devenant la première nation éliminée du groupe C. Les Grenadiers peuvent cependant repartir la tête haute : leur parcours, ponctué d’un match serré face à l’Écosse (défaite 1-0), a montré qu’ils avaient le niveau pour rivaliser avec les meilleures nations.
Mercredi, ils affronteront le Maroc, demi-finaliste en 2022, dans un match qui promet d’être suivi avec passion par les diasporas haïtienne et marocaine au Québec, à l’occasion de la fête nationale.
Quant au Brésil, quintuple champion du monde, il reste sur une disette de 22 ans sans titre. Depuis 2002 et l’ère des 3R – Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho –, la Seleção n’a plus connu la gloire. Leur parcours en 2026 s’annonce difficile, mais une victoire avec panache leur permettrait de renouer avec leurs racines footballistiques.
Une chose est sûre : si le Brésil veut enfin remporter un nouveau titre mondial, il devra retrouver cette magie du joga bonito qui a fait sa légende.
