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Les zones d’ombre de Kemi Seba : entre alliances controversées et démêlés judiciaires

Publié le 18 avril 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Celui qui se fait appeler le « général » de la cause noire et qui prétend incarner la souveraineté de l’Afrique face aux influences extérieures semble aujourd’hui piégé par ses propres paradoxes. Derrière un discours virulent contre le néocolonialisme, Stellio Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba, multiplie les démarches contradictoires qui ternissent l’image de son militantisme. Son interpellation récente en Afrique du Sud, couplée à des rapprochements inattendus avec la droite radicale afrikaner, met en lumière une stratégie pour le moins ambiguë.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Un panafricanisme dévoyé par des alliances troubles

Depuis plusieurs années, l’activiste prône une rupture totale avec les anciennes puissances coloniales. Pourtant, sa proximité avec des figures telles que Dries van der Merwe, partisan déclaré de l’époque de l’Apartheid, interroge. Comment peut-on revendiquer la libération des peuples noirs tout en pactisant avec des mouvements séparatistes blancs nostalgiques de la ségrégation ?

Cette logique de « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » est perçue par beaucoup comme un affront aux héros des luttes pour l’indépendance. En s’associant à ceux qui défendaient autrefois l’infériorité raciale, Seba semble sacrifier ses principes sur l’autel d’une Realpolitik douteuse, ébranlant ainsi les fondements de la dignité africaine qu’il dit protéger.

Des soupçons de blanchiment d’argent qui entachent sa réputation

Au-delà de ses fréquentations politiques, ce sont ses finances qui attirent désormais l’attention des autorités. Au Bénin, des poursuites pour blanchiment d’argent ont été lancées, révélant un fossé entre ses idéaux souverainistes et l’usage de réseaux financiers internationaux opaques. Il est particulièrement ironique de constater que l’homme qui fustige le franc CFA comme un outil d’asservissement soit aujourd’hui la cible d’enquêtes sur des flux monétaires suspects.

Si ces faits venaient à être confirmés, ils démontreraient que le discours révolutionnaire de l’activiste cache peut-être une exploitation des circuits mondialisés pour des ambitions personnelles, faisant de lui un acteur du système qu’il prétend dénoncer.

Une quête de visibilité au détriment de la cohérence

Les événements survenus en Afrique du Sud soulignent une dérive opportuniste flagrante. Kemi Seba paraît prêt à collaborer avec n’importe quelle entité capable de bousculer l’ordre établi, sans tenir compte de la morale historique. Son lien avec des groupuscules prônant la suprématie blanche suggère que son objectif n’est pas tant la justice sociale que la création d’un chaos médiatique permanent.

Le véritable panafricanisme ne saurait tolérer des compromissions avec les anciens oppresseurs. Utiliser une cause aussi noble pour masquer des alliances contre-nature revient à transformer un idéal en un simple outil de marketing politique.

L’effondrement d’un symbole

Aujourd’hui, sous le coup de mandats d’arrêt et de menaces d’extradition, la figure de l’activiste intègre s’étiole. En cherchant l’appui de nostalgiques de la ségrégation pour maintenir son influence, il a franchi une ligne rouge. Pour de nombreux observateurs, Kemi Seba n’est plus le porte-parole d’un continent en marche, mais un homme aux abois, victime de ses propres reniements idéologiques.

Finalement, l’histoire retiendra sans doute que l’obstacle majeur à son combat n’était pas ses adversaires déclarés, mais l’incohérence profonde de ses choix et de ses amitiés politiques.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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