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L’église catholique de la RDC s’oppose fermement à un troisième mandat présidentiel

Publié le 28 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Une vive tension a récemment émergé entre l’Église catholique et les autorités de la République démocratique du Congo. Cette discorde est née de l’opposition catégorique de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) à une potentielle révision constitutionnelle visant à autoriser le président Félix Tshisekedi à solliciter un troisième mandat en 2028.

La CENCO exhorte le président Tshisekedi à respecter l’engagement solennel qu’il a pris « devant Dieu et la Nation ». Elle se réserve par ailleurs la prérogative d’annoncer des initiatives concrètes sur le terrain. Appelant la population à une résistance active, elle met en garde contre une tentative qui, selon elle, « risque de balkaniser le pays et de le plonger dans une guerre civile ».

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Risque de guerre civile

La Constitution congolaise est claire : le nombre de mandats présidentiels est limité à deux. Le président Tshisekedi, en fonction depuis janvier 2019, a été réélu en 2023 pour ce qui est censé être son second et ultime mandat. Cependant, début mai, il a évoqué la possibilité d’un troisième mandat lors d’une conférence de presse, suggérant un éventuel référendum pour modifier la Constitution sur ce point. Ses alliés politiques s’activent depuis lors dans cette direction.

L’Église catholique, une voix historique contre les révisions constitutionnelles

L’Église catholique, déjà connue pour son opposition à l’ancien président Joseph Kabila lorsqu’il cherchait à « déverrouiller » la Constitution pour un troisième mandat, a de nouveau fait entendre sa voix. Profondément préoccupée par la perspective d’une révision constitutionnelle, la CENCO a tenu une « Assemblée plénière extraordinaire » à Kinshasa, du 18 au 20 juin 2026.

Dans leur déclaration finale, un document de 17 points, les 37 membres de la Conférence épiscopale – incluant cardinal, évêques et prêtres – ont jugé que « la Nation était en péril ! ». Le pays est toujours en proie à des conflits, malgré la signature de multiples accords de paix. Depuis quatre ans, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont sous le contrôle des rebelles de l’Alliance du Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), qui ne cessent de consolider leur emprise administrative sur les territoires occupés.

Conflit sanglant à l’Est et menace d’extension d’Ebola

En Ituri et dans certaines zones du Nord-Kivu, d’autres factions armées, telles que les Forces Démocratiques Alliées (ADF), sont responsables du « massacre de milliers » de Congolais. À cette situation déjà critique, s’ajoute, dans l’Est, la présence de la maladie à virus Ebola, avec un risque potentiel de propagation.

« Pendant ce temps, nous observons, avec une vive inquiétude, une tension croissante née de la campagne menée par la majorité au pouvoir en faveur d’une modification de la Constitution du 18 février 2006 », a déploré le clergé congolais. Il a poursuivi : « Malheureusement, cette campagne, qui mobilise les ressources de l’État, s’opère dans un climat de terreur envers les voix dissidentes au sein même de la Majorité, contraintes au silence par crainte de représailles. Quant aux manifestations de l’Opposition, elles sont violemment réprimées par les forces de police, en collaboration avec une milice politique connue sous le nom de ‘Force du progrès’ ».

Pour les évêques congolais, il n’existe « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de modifier la Constitution ». La priorité absolue du pays, affirment-ils, « c’est la paix, le bien-être social du peuple, l’unité et la cohésion nationale ».

Les évêques accusés de subversion

En réponse à cette déclaration épiscopale, la plateforme de l’Union sacrée pour la Nation (USN), une coalition regroupant 400 partis et mouvements politiques en soutien au président Tshisekedi, s’est dite « indignée » et a condamné « avec la dernière énergie » la position des évêques de la CENCO. Elle a qualifié cette déclaration d’« acte de subversion dirigé contre les institutions légitimes et démocratiquement établies ».

Dans un communiqué publié sur leur site, les partisans du Chef de l’État ont affirmé : « il est regrettable de constater que [ces] les évêques utilisent, dans leur diatribe, plusieurs propos incitant manifestement au soulèvement populaire et au renversement de l’ordre constitutionnel ».

Par Zara Hassane — Grand reporter

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