Une solution face aux défis énergétiques et financiers
Le gouvernement camerounais, confronté à des contraintes budgétaires significatives, se tourne vers le modèle du partenariat public-privé (PPP) pour des investissements d’envergure. Le pays subit un déficit de trésorerie qui freine l’exécution de projets essentiels. En outre, le ministère des Finances éprouve des difficultés à honorer ses engagements envers KPDC, ce qui se traduit par une perte regrettable de 300 MW de puissance électrique pour la nation.
Chaque jour, le Cameroun est privé de 30 MW d’électricité, une quantité équivalente à la production totale du barrage de Lagdo, en raison d’un réseau de transport défaillant. L’introduction du PPP vise à attirer des capitaux privés indispensables pour moderniser ces infrastructures et combler ce manque à gagner énergétique. Le ministre a confirmé cette orientation stratégique lors de son échange avec la délégation italienne.
Cette approche, où des entités privées pilotent la conception, la réalisation et la gestion de projets majeurs, est perçue comme un moyen de contourner les lourdeurs administratives et les retards souvent associés aux initiatives publiques. Le Cameroun, ayant connu par le passé des projets inachevés ou sous-performants, pourrait grandement bénéficier de l’efficacité et de l’expertise du secteur privé. Il est à noter que la perte de ces 30 MW est un problème récurrent, identifié dès 2014, mais les efforts gouvernementaux se sont plutôt concentrés sur des investissements comme les plus de 100 milliards de FCFA alloués au barrage de Mekin, au lieu de s’attaquer à la déperdition du réseau.
Cependant, l’adoption de ce modèle ne fait pas l’unanimité dans tous les ministères. Le ministère des Transports, par exemple, semble encore réticent à embrasser pleinement le PPP pour ses propres projets. Des infrastructures routières vitales, telles que les autoroutes Douala-Yaoundé ou Yaoundé-Nsimalen, voient leur achèvement s’étirer sur des périodes prolongées, une situation qui, selon certains observateurs, pourrait être améliorée par une implication accrue du secteur privé dans la gestion opérationnelle.