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Le Niger consolide son contrôle sur l’uranium après l’éviction d’Orano

Publié le 21 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le Niger a franchi une étape décisive dans la gestion de son secteur uranifère. Le 18 mai 2026, lors d’un Conseil des ministres présidé par le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État, le gouvernement nigérien a officialisé la création d’une entreprise nationale dédiée à l’exploitation de l’uranium. Cette décision majeure s’accompagne de l’annulation de la concession minière que le groupe français Orano détenait sur le site d’Arlit. Cette annonce marque la fin formelle de plus d’un demi-siècle de présence française dans l’extraction de l’uranium au Niger.

Écoutez cet articleEnviron 3 min

La nouvelle entité publique, baptisée Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA), prend désormais les rênes. Elle hérite de l’intégralité des actifs de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAÏR SA), qui avait été nationalisée dès 2025. TSUMCO SA se retrouve ainsi à la tête d’un des gisements d’uranium les plus significatifs au monde, dont les réserves sont estimées à environ 200 000 tonnes.

Une transition progressive depuis 2023

L’éviction d’Orano n’est pas le fruit d’une décision hâtive, mais plutôt l’aboutissement d’un processus méthodique engagé par Niamey depuis le coup d’État de juillet 2023. Les autorités ont procédé par étapes successives : le retrait du permis d’exploitation en 2024, suivi de la nationalisation de SOMAÏR en 2025, pour culminer avec la mise en place de cette structure étatique de remplacement en mai 2026. Le choix du nom « Teloua » revêt une signification particulière, faisant référence à la nappe aquifère souterraine située sous les anciennes installations de la mine COMINAK. Ce nom symbolise la volonté du gouvernement de marquer profondément cette transition. Par ailleurs, le gouvernement nigérien accuse Orano d’avoir laissé derrière lui des millions de tonnes de déchets radioactifs sur les sites exploités depuis les années 1970, soulevant de vives préoccupations environnementales et sanitaires pour les populations locales.

Contentieux international et blocage des exportations

Le groupe français Orano, dont l’État français est actionnaire majoritaire, a déjà engagé plusieurs procédures d’arbitrage international à l’encontre du Niger. Un tribunal arbitral a notamment enjoint Niamey de ne pas commercialiser l’uranium issu de SOMAÏR. Ce stock représente environ 1 300 tonnes de concentré, dont la valeur marchande est estimée par Orano à 250 millions d’euros. Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, a qualifié ces recours de « quasi-harcèlement judiciaire », soulignant la tension du bras de fer en cours.

L’avenir de la commercialisation de l’uranium nigérien dépendra de l’issue de ces contentieux devant les instances d’arbitrage international. À ce jour, aucune échéance procédurale n’a été communiquée, laissant planer une incertitude sur la capacité de TSUMCO SA à intégrer pleinement les marchés mondiaux.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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