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Le Cameroun face à la question du fédéralisme : un débat toujours d’actualité

Publié le 14 août 202625 septembre 2026 ParZara Hassane
Joseph Dion Ngute, Premier ministre du Cameroun, lors de l'ouverture du Dialogue national à Yaoundé en 2019

Un système fédéral pour apaiser les tensions au Cameroun

Le Cameroun reste aujourd’hui engagé dans un débat profond sur l’opportunité de réformer son système politique. La question du fédéralisme resurgit régulièrement, notamment depuis les événements qui secouent les régions anglophones depuis plusieurs années. Les revendications portées par les populations de l’Ouest et du Nord-Ouest ont mis en lumière les limites d’un État unitaire, incapable de répondre à leurs aspirations.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Dans ce contexte, le Dialogue national organisé en 2019 par le président Paul Biya avait été présenté comme une opportunité pour trouver des solutions durables. Cependant, malgré la participation de nombreux acteurs, l’absence de figures majeures de la rébellion a restreint les avancées possibles. La question du fédéralisme reste donc entière, et son adoption pourrait-elle offrir une issue pacifique aux conflits qui minent le pays ?

Les origines d’un système unitaire contesté

Le Cameroun, indépendant depuis 1960, a toujours fonctionné sous un régime unitaire, hérité de la période postcoloniale. Pourtant, son histoire administrative est marquée par des tensions récurrentes entre les deux entités qui l’ont formé : la partie francophone et la partie anglophone. Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun, avait initialement opté pour une structure fédérale, avant que Paul Biya ne la remplace par un système unitaire en 1972.

Cette modification constitutionnelle a été perçue comme une centralisation excessive du pouvoir, privant les régions de leur autonomie. Aujourd’hui, le débat sur le retour à un système fédéral refait surface, porté par des voix qui y voient un moyen de rétablir l’équilibre et de répondre aux revendications des minorités.

Les défis d’une réforme politique

Réinstaurer un régime fédéral au Cameroun ne serait pas une tâche aisée. Plusieurs obstacles se dressent devant cette option. D’abord, la question de la répartition des compétences entre l’État central et les régions reste épineuse. Ensuite, l’opposition entre les partisans d’une décentralisation progressive et ceux d’un fédéralisme intégral complique les négociations.

De plus, le contexte sécuritaire actuel, marqué par la crise dans les régions anglophones, rend toute réforme politique encore plus délicate. Les autorités camerounaises doivent désormais concilier impératifs de sécurité et aspirations démocratiques, sous peine de voir les tensions s’exacerber davantage.

Le Cameroun peut-il vraiment opter pour le fédéralisme ?

Si le fédéralisme apparaît comme une solution séduisante sur le papier, sa mise en œuvre réelle soulève de nombreuses interrogations. Les partisans de cette réforme mettent en avant ses avantages : une meilleure représentation des minorités, une gestion plus locale des ressources et une réduction des frustrations régionales. Cependant, ses détracteurs craignent qu’elle ne fragilise davantage l’unité nationale, déjà mise à rude épreuve.

Pour que le Cameroun puisse envisager sereinement cette transition, plusieurs conditions devraient être remplies. Une volonté politique forte, une concertation approfondie avec les acteurs locaux et une refonte constitutionnelle minutieuse seraient indispensables. Dans l’immédiat, le pays semble encore loin d’un consensus sur cette question.

En attendant, le débat sur le fédéralisme continue de diviser, reflétant les profondes fractures qui traversent la société camerounaise. Une chose est sûre : sans une réponse adaptée aux revendications des régions anglophones, la quête de stabilité politique au Cameroun restera un défi de taille.

Ahmadou Ahidjo Paul Biya

Par Zara Hassane — Grand reporter

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