Cajou : les transformateurs ivoiriens saluent une avancée majeure pour la filière

Cajou : les transformateurs ivoiriens saluent une avancée majeure pour la filière

Le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), dont les membres gèrent un volume de 100 000 tonnes de noix brutes transformées chaque année, a accueilli avec enthousiasme la signature, en juin 2026, d’une convention de financement entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les acteurs locaux du secteur.

Cette initiative marque une étape clé pour les transformateurs nationaux, qui ont fait le choix stratégique d’investir dans la construction et l’essor d’unités industrielles dédiées à la transformation locale. Leur engagement contribue directement à l’industrialisation de la filière, à la création de valeur ajoutée et au dynamisme économique de la Côte d’Ivoire.

Une reconnaissance officielle des efforts des transformateurs

Dans un courrier adressé aux plus hautes autorités du pays en juillet 2026, le GTCI, représenté par son président Denis Kouadio, a exprimé sa profonde gratitude envers les institutions publiques et privées ayant permis la mise en place de ce dispositif inédit. Ce mécanisme finance non seulement l’approvisionnement en noix brutes, mais aussi les coûts de transformation supportés par les usines ivoiriennes.

Les opérateurs locaux font face à des défis majeurs, notamment l’acquisition massive de noix brutes en période de commercialisation, la gestion des rendements de transformation et la nécessité de disposer de financements adaptés pour couvrir leurs besoins annuels. Grâce à cette convention, ces obstacles devraient être significativement réduits.

Un mécanisme innovant pour sécuriser l’approvisionnement et le financement

Ce partenariat tripartite représente une avancée significative pour la filière. Il vise à renforcer la transformation locale, à sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles et à faciliter l’accès au crédit pour les transformateurs nationaux.

Concrètement, le CCA s’engage à fournir, en début de saison, 20 % des besoins en noix brutes des usines. La BNI, quant à elle, prend en charge le financement des 80 % restants, ainsi que les besoins en fonds de roulement pour les opérations industrielles et les exportations.

Denis Kouadio a également salué le rôle déterminant des principaux responsables institutionnels dans la réussite de ce projet. Parmi eux, le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI, dont Mamadou Berté, Youssouf Fadika et Jérôme Ahua, ont été cités pour leur implication décisive.

Vers une extension du modèle à d’autres filières ?

Cette initiative innovante, conçue pour soutenir l’émergence de champions nationaux dans la transformation locale du cajou, ouvre des perspectives prometteuses. Une réflexion est désormais engagée pour adapter ce mécanisme au secteur du cacao, avec l’objectif de proposer un financement similaire aux transformateurs de cette filière.

La Côte d’Ivoire en tête de la production mondiale de cajou

Premier producteur mondial de noix brutes de cajou avec une production annuelle estimée à 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de 37 unités de transformation, offrant une capacité totale de plus de 830 000 tonnes. Avec un taux de transformation locale de 43 %, le pays se classe au deuxième rang des exportateurs d’amandes de cajou et occupe la troisième place mondiale parmi les transformateurs, selon les données de l’ITC pour 2025.

Après avoir relevé le défi de l’augmentation de la production de noix brutes, la Côte d’Ivoire mise désormais sur l’accélération de la transformation locale. Cette stratégie vise à conserver davantage de valeur ajoutée sur son sol, à renforcer son tissu industriel et à générer davantage d’emplois pour sa population.