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La rupture Diomaye-Sonko au Sénégal : une inévitable réalité

Publié le 30 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane
Le regard de Newton Ahmed Barry

Diomaye-Sonko, ça n’a pas tenu, comme on le redoutait!

Écoutez cet articleEnviron 5 min

La tension politique tant pressentie entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’est concrétisée au Sénégal. L’ancien Premier ministre, démis de ses fonctions, a trouvé refuge au sein de l’Assemblée nationale.

Ahmed Newton Barry.
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Ousmane Sonko aurait pu, avec sagacité, envisager l’Assemblée nationale comme une position stratégique dès le départ, lui offrant une attente sereine jusqu’à l’échéance de 2029. Cette option était d’autant plus pertinente suite au triomphe éclatant de son parti, le Pastef, lors des élections législatives de novembre 2024.

Il est probable qu’Ousmane Sonko ait estimé que la méthode la plus efficace pour garantir que le président Diomaye Faye ne s’éloigne pas de leur alliance et ne développe pas un goût prononcé pour le pouvoir exécutif était de rester en étroite surveillance. Il aurait alors cherché à exercer directement les prérogatives de l’exécutif, avec un Bassirou Diomaye Faye initialement enclin à un rôle plus symbolique, à la manière d’un monarque constitutionnel. Cependant, comme Machiavel l’avait judicieusement souligné, le pouvoir transforme, et celui qui contribue à l’ascension d’un souverain risque souvent sa propre chute.

Une rupture prévisible s’est confirmée

Dans un régime présidentialiste tel que celui du Sénégal, l’espace politique est quasi exclusivement réservé au chef de l’État. Un Premier ministre, fût-il doté d’une influence considérable, ne peut excéder le statut de « premier parmi ses égaux ».

Ousmane Sonko s’est rapidement senti confiné au sein du gouvernement. L’inflexibilité de la Cour suprême, qui a refusé le 1er juillet 2025 d’annuler la décision le rendant inéligible pour 2029, a considérablement obscurci ses perspectives politiques. De plus, il n’a pas perçu chez Bassirou Diomaye Faye une réelle préoccupation pour ses défis personnels. C’est alors que l’instinct politique, toujours vif chez Sonko, s’est manifesté avec force. Face à la fermeture progressive des avenues institutionnelles, il a choisi de reconquérir une position par des moyens plus contestataires, n’hésitant pas parfois à flirter avec les limites, comme en témoignent les circonstances de sa récente prise de contrôle de l’Assemblée nationale. Ce nouveau bastion, acquis par la majorité numérique, le protège désormais des accusations de forfaiture émanant d’une opposition sénégalaise affaiblie. Seul le président Diomaye Faye détient le pouvoir de saisir le Conseil constitutionnel sur la légalité de cette manœuvre, mais il a opté pour l’inaction à ce stade.

L’inaction de Diomaye Faye : une stratégie délibérée ?

Au Sénégal, terre de Lat Dior Diop, figure emblématique de la résistance anticoloniale au XIXe siècle, la complexité des dynamiques politiques est une constante. Une simple lecture des textes constitutionnels et législatifs ne suffit pas à saisir l’essence des enjeux actuels. Comme le suggère la devise nationale, « Un Peuple, Un But, Une Foi », on observe ici deux acteurs majeurs et un objectif clair. D’un côté, Bassirou Diomaye Faye, décrit comme avisé, et de l’autre, Ousmane Sonko, surnommé « Djambar » (l’ouragan), animent cette scène politique. Leur visée commune, ou du moins le point de convergence de leurs stratégies, est l’élection présidentielle de 2029.

Ces deux personnalités disposent de leviers d’action distincts. Le président Bassirou Diomaye Faye s’appuie sur le cadre institutionnel et la légalité. Ousmane Sonko, quant à lui, mobilise la ferveur de ses fidèles partisans au sein d’un parti structuré, et n’hésite plus devant les contournements des règles établies.

Stratégies et leviers d’action : qui détient l’avantage ?

L’acquisition de l’Assemblée nationale confère indéniablement à Ousmane Sonko une position de force. Toutefois, cette influence est tempérée par plusieurs facteurs : les méthodes employées pour cette « OPA » politique, la menace toujours présente d’une dissolution de l’institution, et surtout l’épée de Damoclès d’une accusation de forfaiture, qui pourrait être brandie si une consultation du Conseil constitutionnel venait à déclarer illégale sa réintégration en tant que député.

Pour sa part, Bassirou Diomaye Faye paraît adopter une approche patiente. Ayant écarté l’influence potentiellement gênante d’Ousmane Sonko, il s’attelle, avec son nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, à stabiliser la situation économique du pays en collaborant avec les institutions financières internationales. Il est conscient que l’heure de l’affrontement direct arrivera, et semble s’y préparer méticuleusement, entouré d’un cercle de conseillers compétents.

Par : Ahmed Newton Barry

Par Zara Hassane — Grand reporter

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