La France défend les droits LGBT+ à l’ONU après la loi anti-homosexualité au Sénégal
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé samedi sur X qu’une résolution serait présentée au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour interdire aux États de pénaliser les personnes LGBT+. Cette initiative diplomatique intervient deux mois après l’adoption au Sénégal d’une loi renforçant la répression de l’homosexualité, dans un contexte où un Français est actuellement incarcéré à Dakar en vertu de ce texte.
« La France reste mobilisée pour faire avancer les droits humains, partout dans le monde », a déclaré Jean-Noël Barrot, évoquant une « tendance conservatrice » qui s’étend depuis plus d’une décennie sur plusieurs continents.
Un durcissement législatif au Sénégal
Le 11 mars, l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté à l’unanimité une loi alourdissant les peines liées aux « actes contre nature ». Le texte, promulgué le 30 mars suivant, porte la durée maximale d’emprisonnement de cinq à dix ans et multiplie par dix les amendes, désormais plafonnées à dix millions de francs CFA. Il crée également un délit spécifique pour la promotion, le soutien ou le financement de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transidentité. Défendu comme un acte de souveraineté, ce projet de loi a suscité de vives réactions internationales.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk avait appelé le Sénégal à ne pas promulguer ce texte, estimant qu’il contrevenait aux engagements internationaux du pays. De son côté, le Quai d’Orsay avait exprimé sa préoccupation dès le 16 avril, lors d’un échange entre Jean-Noël Barrot et son homologue sénégalais Cheikh Niang.
Un Français en détention à Dakar
Un ressortissant français est détenu au Sénégal depuis le 14 février pour des faits relevant de la nouvelle loi. Le consulat de France à Dakar a effectué quatre visites de suivi, en coordination avec sa famille. Par ailleurs, un tribunal dakarois a condamné un jeune Sénégalais, né en 2002, à six ans de prison ferme pour des faits similaires, le 10 avril.
D’après les données du ministère des Affaires étrangères français, 62 pays criminalisent encore les relations homosexuelles consenties, dont onze appliquent la peine de mort. La date de présentation de la résolution française devant le Conseil des droits de l’homme à Genève n’a pas encore été communiquée.