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Kinshasa paralysée par la mobilisation de l’opposition contre le changement de Constitution

Publié le 3 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Kinshasa paralysée par la mobilisation de l’opposition contre le changement de Constitution

Ce mercredi matin, la capitale congolaise Kinshasa a connu une activité économique et sociale fortement ralentie sous l’effet d’un appel lancé par l’opposition à une journée « ville morte ». Cette initiative visait à protester contre le projet de modification de la Constitution porté par le pouvoir en place, perçu comme une manœuvre pour prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une capitale figée dans l’attente

Dès les premières heures de la matinée, les rues de Kinshasa ont révélé une atmosphère inhabituelle. La circulation automobile était quasi inexistante, les taxis se faisant rares, et les embouteillages légendaires de la ville ont totalement disparu. Les commerces, habituellement animés dès l’aube, affichaient des rideaux baissés dans plusieurs quartiers, tandis que les marchés restaient désespérément vides de clients et de vendeurs.

Les établissements scolaires, où des cohortes d’élèves se pressent généralement aux heures de pointe, sont restés silencieux. Les arrêts de bus et les gares routières, d’ordinaire bondés, ne présentaient que quelques rares usagers, témoignant d’une adhésion massive à l’appel de l’opposition. Les stations-service, comme celle de Salongo, hésitaient même à ouvrir leurs portes, craignant des débordements ou des représailles.

Un déploiement sécuritaire visible dans les rues

Face à cette mobilisation, les autorités ont déployé un dispositif policier et militaire renforcé dans les zones stratégiques de la ville. Plusieurs jeeps de police ont quadrillé les artères principales, tandis que des véhicules militaires patrouillaient sur l’avenue Bypass, un axe majeur de Kinshasa. Le célèbre rond-point Ngaba, réputé pour son trafic dense, est resté étrangement calme jusqu’à 8 heures du matin.

Dans le district de Mont-Amba, l’Université de Kinshasa (UNIKIN), un lieu souvent animé par des mouvements de foule, était presque déserte. Aucun rassemblement d’étudiants n’était observable, et les forces de l’ordre veillaient sur les abords du campus, prévenant tout attroupement spontané. À Limete, commune réputée pour son agitation quotidienne sur les boulevards Lumumba et Poids lourds, la situation était similaire : peu de passants, des bus en nombre réduit, et une population majoritairement confinée chez elle.

Un habitant du district de Tshangu a confié : « Personne ne prend de risque aujourd’hui. Les gens préfèrent rester chez eux pour éviter tout incident. » Plusieurs propriétaires de véhicules ont également choisi de garder leurs engins au garage, par précaution.

Des quartiers sous haute surveillance

La commune de Limete, en particulier, a été placée sous surveillance accrue. Les agents de l’ordre étaient positionnés à des points névralgiques, notamment à la première rue, où une présence policière soutenue a été signalée. Les forces de sécurité ont multiplié les patrouilles pour dissuader toute velléité de perturbation de l’ordre public, conformément aux consignes du Commissaire provincial, qui avait mis en garde contre les « perturbateurs » de la tranquillité.

Cette journée « ville morte » a ainsi révélé une unité de façade de l’opposition, mais aussi une certaine appréhension parmi la population, prise entre le désir de manifester son opposition au pouvoir et la crainte des conséquences sécuritaires.

Ce qu’il faut retenir

  • Une ville fantôme : Kinshasa a connu une activité économique et sociale réduite à son minimum.
  • Un appel à la mobilisation largement suivi par la population et les commerçants.
  • Un déploiement sécuritaire massif pour prévenir tout débordement.
  • Une atmosphère de prudence généralisée, les habitants préférant rester chez eux.

Cette journée « ville morte » marque un tournant dans la stratégie de l’opposition face au pouvoir, mais elle illustre aussi les tensions persistantes dans un pays où les questions constitutionnelles et les réformes politiques restent des sujets ultra-sensibles.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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