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Genève : le Maroc alerte sur le lien entre corruption et droits humains

Publié le 25 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Une prise de conscience internationale renforcée à Genève

Les répercussions de la corruption sur les droits fondamentaux ont été au cœur d’un débat stratégique organisé dans la capitale suisse. Cet événement s’inscrit dans une dynamique globale où les instances onusiennes et les États reconnaissent de plus en plus l’impact profond de cette pratique sur la société. La résolution 59/6, adoptée en juillet 2025 par le Conseil des droits de l’Homme, marque un tournant en établissant un lien indissociable entre la lutte anticorruption et la protection des libertés individuelles. Plusieurs textes internationaux, dont la Convention des Nations unies contre la corruption et la Déclaration de Marrakech de 2011, soulignent l’importance d’une approche préventive axée sur l’État de droit et la démocratie.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Le Maroc au premier plan d’une mobilisation multilatérale

Représentant le Royaume à Genève, l’ambassadeur Omar Zniber a mis en avant l’approche intégrée du Maroc, combinant politiques publiques, institutions nationales et engagements internationaux. Lors de son intervention, il a qualifié cette initiative de « cruciale » pour le multilatéralisme, insistant sur le rôle central des hauts responsables marocains dans ce processus. Le diplomate a également évoqué la « position de leader » du Maroc au sein des Nations unies, notamment dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance.

La corruption, un frein majeur à l’exercice des droits humains

Le délégué interministériel aux droits de l’Homme, El Habib Belkouch, a recentré le débat sur une dimension souvent négligée : les conséquences concrètes de la corruption sur la vie quotidienne des citoyens. Il a rappelé que « chaque dirham détourné ou gaspillé prive une école, un hôpital ou une politique sociale de ressources essentielles ». Selon lui, les groupes les plus vulnérables, notamment les femmes et les populations défavorisées, subissent de plein fouet les effets de ce phénomène, qui limite l’accès à la justice, aux soins, à l’éducation et à l’emploi.

Pour remédier à cette situation, il a plaidé en faveur d’une stratégie préventive fondée sur des principes clés : transparence, droit à l’information, participation citoyenne et responsabilité des institutions. Il a souligné que ces mesures ne sont pas seulement des droits fondamentaux, mais aussi des outils efficaces pour endiguer la corruption. Il a enfin insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différentes entités pour garantir l’efficacité des politiques publiques.

Discours d'un haut responsable marocain lors d'une conférence internationale

Vers une interdépendance structurelle entre droits humains et lutte anticorruption

Le président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, Mohamed Benalilou, a approfondi cette réflexion en soulignant l’évolution des cadres d’analyse. Pour lui, la corruption ne se limite plus à des fonds détournés : elle engendre des victimes réelles, privées de leurs droits les plus fondamentaux. Il a également pointé une dimension souvent sous-estimée : « la corruption fondée sur le genre », qu’il considère comme un obstacle majeur à l’égalité entre les sexes.

M. Benalilou a proposé une vision novatrice de la prévention de la corruption, la présentant comme une « obligation positive pour les États » de protéger les libertés et les droits. Selon lui, cette approche doit devenir un pilier de la diligence raisonnable en matière de droits humains. Il a appelé à la préservation de l’espace civique et à la reconnaissance des lanceurs d’alerte comme des acteurs clés de la défense des libertés.

Une gouvernance préventive pour une intégrité renforcée

Pour concrétiser cette vision, il a insisté sur la nécessité de renforcer les synergies entre les institutions internationales, les États et la société civile. Il a plaidé pour une « gouvernance préventive fondée sur les droits de l’Homme », où les institutions ne se contentent pas d’éviter la corruption, mais protègent activement les droits et garantissent l’égalité. Il a également souligné l’importance de créer des « passerelles structurelles » entre les processus onusiens de Genève, Vienne et New York, afin d’harmoniser les engagements issus de la Convention des Nations unies contre la corruption et ceux relatifs aux droits humains.

Un consensus pour une action collective renforcée

Les participants à cette conférence ont souligné l’urgence d’agir collectivement pour faire de la prévention de la corruption un levier de protection des droits humains. L’accent a été mis sur des outils indispensables : éducation, renforcement des capacités, participation citoyenne et technologies numériques. Ces mesures sont perçues comme essentielles pour promouvoir une bonne gouvernance, renforcer la transparence et prévenir les abus, garantissant ainsi une société plus juste et équitable.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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